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Nous l'avons un peu malmené notre Raoul ces derniers temps. Certes, il n'a pas pu faire que des chefs-d'oeuvre immortels vu, qui plus est, son rythme de tournage. Mais positivons. Glory Alley ne bénéficie pas d'un scénario machiavélique, loin de là (ça commence bien...); l'histoire simple d'un type (Ralph Meeker) qui décide d'arrêter la boxe du jour au lendemain, en pleine gloire, sans que son entourage ne comprenne vraiment le blème (faudra être patient...). Même sa chtite amie (the frenchy Leslie Caron with her very very very long legs) reste un peu surprise : ouais, ben tu vas faire quoi maintenant, darling ? Le pire, c'est son beau-père, un type aveugle mais influent "dans le milieu" (Kurt Kasnar surnommé le Juge), qui le répudie froidement. Le gars Ralph est tout dépité, s'enfonce dans l'alcool puis décide, pour regagner des galons, de s'engager dans la guerre de Corée. Il reviendra en héros (les hauts et les bas de Ralph... Cela peut expliquer en partie la différence un poil surprenante entre le titre original et le titre français : traduire "gloire" par "péché", c'était couillu) avec une Leslie reconquise ; il aura encore quelques errances (ce lourd secret qu'il porte...), devra ramer pour retrouver la confiance de Juge, mais sans vouloir dévoiler quoi que ce soit, on peut tout de même parier sur un happy end.

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A bien y réfléchir, toute l'histoire repose sur deux accessoires : les lunettes noires du Juge (je vous donne la métaphore, là comme, ça, franco de port : il est aveugle des yeux et du coeur... Mais son coeur s'ouvrira peut-être un jour à défaut de ses yeux...) et le chapeau du Ralph (métaphore number 2 : notre boxeur travaille un peu du chapeau mais un jour, il faudra bien qu'il règle ses comptes avec son enfance - se décoiffer, c'est un peu se livrer comme aurait pu le dire aussi bien que moi une journaliste de Elle). Ouais, on n'est pas dans le super alambiqué donc, en première ou en seconde lecture. Mais attention, stoppons là le Raoul bashing et tentons de positiver disais-je. Notre ami Walsh semble s'être surtout concentré dans l'affaire sur quelques morceaux de bravoure : qu'il s'agisse d'animer cette fameuse Glory Alley avec deux mille figurants et Louis Armostrong en tête à la trompette (tu la sens la New Orleans, là, tu la sens?), un Louis Armstrong d'ailleurs prêt à pousser la chansonnette de sa voix rocailleuse, caverneuse, d'outre-tombe à la moindre occase ou qu'il s'agisse de montrer à quel point la Leslie est super bonne (bien qu'elle danse dans un cabaret tout salace) pour faire des pointes et faire des étirements de jambes - qui m'ont laissés béat (perso, j'ai mis du temps à comprendre que le genou était une articulation du corps humain... passons), là on sent que le Raoul est vraiment à son full potential ; il y a tout d'un coup du rythme, de la vivacité, du mouvement, de la chaleur, de la grâce (Leslie me paraît hésitante sur 2-3 appuis mais là encore c'est l'hôpital qui se fout... etc, etc) et ce petit film reprend soudainement de l'ampleur. C'est vrai que du coup, on en oublierait presque parfois la trajectoire caliméroesque de notre boxeur (la comparaison n'est point fortuite puisqu'il s'agit en partie d'un problème de "coquille cassée" - perfectly) qui a tout le mal du monde à évoquer ses traumaS (mais qui peut comprendre, hein, qui peut comprendre ses blessures d'enfance, hein putain ? Ben Leslie notamment, suffit de faire un ptit travail sur soi mon gars, tu vois - oui mais sinon le film serait devenu un court-métrage : un type arrête la boxe, voilà, voilà, voilà...). Bref un Walsh avec de l'allant par moment quand la musique et la danse reprennent leur droit ! Histoire de montrer qu'on l'aime, notre gars Raoul, et histoire de rappeler que cela nous fend le coeur de lui envoyer quelques piques de nos fauteuils. Take this Walsh, as would say L. Cohen.

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Walsh et gros mythe,