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Résumons : le chapitre 1 était assez naze, le 2 était nettement meilleur. Qu'en sera-t-il, suspense suspense, de ce troisième chapitre, réalisé par le gusse qui a réalisé... euh, rien de bien marquant, et sorti directement en DVD dans l'indifférence générale (ce qui est aussi arrivé à Weerasethakul, soyons juste) ? Eh bien, disons-le tout net : c'est moins bien que le 1. En fait tout ce qui fait l'intérêt de la franchise, et qui peut se résumer au seul mot de : gore, est absent de cet opus ; et tout ce qui en constitue les défauts, et qui peut se résumer en les seuls 3 mots : tout le reste, est par contre bien présent. On reconnaît le style de la série : acteurs en-dessous de tout, scénario dans les choux, musique et lumières complètement loufoques, et surtout soupçon de racisme bien présent. Cette fois, on n'est plus dans les Pays de l'Est qui organisent des tueries dans des entrepots glauques, mais en Amérique, et même en plein coeur de Las Vegas, et on se prend à espérer que ce chapitre s'orientera légèrement moins vers la peur de l'étranger. Mais dès la première scène, avec ce couple ukrainien torve, on déchante : les mêmes clichés sont là, et si les Ukrainiens s'avèrent être en fait les victimes, et le brave Ricain le bourreau, ce n'est que pour reproduire des a-priori tout aussi dommageables ; en ce qui concerne les garçons entre eux notamment. Pourtant, ici, les tortionnaires sont des riches désoeuvrés qui contemplent les massacres en sirotant du champagne dans des salons de velours, et les victimes du jour des jeunes gars issus du même milieu : on note un mieux, et un discours presque plus nihiliste que celui d'Eli Roth jadis : l'homme friqué est un loup pour l'homme pêté de thunes.

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Bon, mais ne cherchons point à trouver du sens là-dedans, Spiegel n'en trouvant pour sa part guère non plus. Il y aurait des choses à dire sur ces règles hyper-strictes des massacres qui volent en éclat (Hostel III libertaire ?) ou sur cette scène où on libère la victime pour assouvir sa violence sur son bourreau (Hostel III neo-punk ?). Mais concentrons-nous plutôt sur ce pour quoi on a acquis le DVD (...) : l'horreur. Eh bien, là, c'est bien décevant. Pour être fidèle à la série, il faut une certaine dose d'audace, de celle qui a fait des deux premiers opus des moments de pure pornographie gore. Spiegel en est totalement dépourvu, a très peur de choquer ou d'aller trop loin, et occulte toute trace de gore de son film. Dès qu'une scène menace de virer à l'horreur, il la place hors-champ (et on ne voit que la réaction des spectateurs), ou il la coupe, ou pire : il la remplace par un artifice qui nous fait sortir immédiatement du film. Par exemple : une fille va se faire dévorer de l'intérieur par des insectes (oui, on n'est pas dans un Nicole Garcia, hein) ; tiens, et si on filmait depuis l'intérieur de sa bouche ? C'est nul, laid, et très con : on se demande comment ils ont construit la bouche, et c'est tout. Manque de moyens pour les effets spéciaux ou vraie timidité, je ne peux pas vous dire ; mais le fait est que ce n'est jamais "révoltant" comme pouvaient l'être les deux autres Hostel. Comme les personnages sont aussi consistants qu'une poignée de sable (pourtant, le gars affuble un des personnages d'une béquille, mais pourquoi faire, mon Dieu ?) et aussi crédibles que Shang en moto (qui peut croire une seconde que ces quatre gars soient copains ?), on ne tremble jamais pour eux, se contentant de les regarder disparaître du film à intervalles réguliers. Résumons une nouvelle fois : Spiegel rate complètement ses scènes d'horreur, et se vautre dans les autres scènes. On ne se demande plus pourquoi il n'est sorti qu'en DVD,mais juste pourquoi il est sorti.

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