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Après La Merditude des Choses où le Felix flirtait souvent avec la grosse poilade, le voilà qui change de braquet avec cette histoire sur la chimio... Mais je caricature parce pas que. Oui, il est bien question d'une petite nenfant de 7 ans qui est atteint du cancer ce qui va forcément torpiller les parents (le contraire fut étonnant...), parents qui contre vents et marées vont bien sûr tenter pour la gamine de faire bonne figure. Cette dernière part quand même plutôt mal dans la vie avec ce cancer et deux parents chanteurs de country (la country, ça effraie forcément, rien que le mot déjà. Ce qui est dur car qui n'a jamais eu envie une fois dans sa vie, à part Gols peut-être, de ne pas taper du pied sur un air de banjo ?). Comme Van Groeningen n'a pas le talent ni le tact d'une Donzelli sur un thème comparable, on a bien peur que le type nous ruine totalement la soirée (artistiquement et moralement : un coup à tremper de larmes la nappe du salon (ça fait longtemps que je n'ai plus de kleenex, mes pauvres)). Mais cette intro est heureusement un peu réductrice car le film, avant toute chose (la gamine malade, ce style musical (le Bluegrass s'il vous plaît, soyons précis) exécuté uniquement avec des putains d'instruments à cordes...) est une histoire d'amour, une histoire triste à en mourir (peut-être...) ou disons tout simplement une histoire d'amour passionnée qui n'a pas eu de bol...

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Il y a dans le cinéma de FVG des facilités évidentes, limite putassières, et autant commencer par là pour ne plus avoir à y revenir : choisir ce genre de sujet tire-larme, c'est déjà dur pour le spectateur ; mais franchement montrer une gamine en train de perdre ses cheveux comme un ptit oiseau tout déplumé, c'est franchement bas (autant passer direct au crâne chauve, pas besoin d'en rajouter une couche dans l'apitoiement). Cet aspect-là a bien failli me faire d'entrée de jeu changer de chaîne (mais j'ai pas la télé ohohoh), la perspective de se taper deux heures de bluegrass à jeun n'arrangeant point les choses. Mais je me suis accroché, notamment parce que le héros est belge et s'appelle Didier. Plus sérieusement, il y a un ptit quelque chose de touchant dans ce couple à l'arrache, le gars barbu aux allures d'un Bee Gees, la tête dans les States et athée, et cette jeune femme tatouée jusqu'à l'os à la voix divinement cristalline. La fougue de leur rencontre, les premiers compromis pour se réjouir d'avoir un gamin, tout cela n'est pas totalement déplaisant en soi. Mais le côté le plus malin du bazar est sûrement le montage qui fait péter à l'envi flashs-back et flashs-forward. Le truc pourrait être facilement gavant, difficile à suivre... Eh ben pas du tout. Comme le cinéaste belge sait aussi nous faire péter une ou deux ellipses de derrière les fagots pour accentuer ses effets - à la 45ème minutes tu tombes tellement de haut que tu te croirais à l'épisode 9 de Games of Throne -, le type, le Felix, finit par nous ferrer. A tel point d'ailleurs qu'on commencerait presque à apprécier le Bluegrass (en plus pendant les chansons, il n'y a pas de coups de théâtre...). Notre couple qui se prend un coup du sort en pleine tronche a forcément bien du mal à ne pas s'entre-déchirer... Là encore, dans ces scènes à la limite de la rupture, les personnages prennent un certain relief et l'on se surprend à s'attacher à cette histoire tragique qui prend l'eau de toute part. L'amour sera-t-il salvateur même en ce plat pays ? Van Groeningen retrouve malheureusement un peu ses gros sabots sur la fin avec les délires plombant de son héros (Mais putain y'a personne là haut...!) ou encore avec cette séquence finale qui frôle (je suis gentil) le grotesque (faut pas non plus trop le fumer, le Bluegrass, hein). Un bilan donc un peu mitigé ; les films du Felix, en allant un peu plus vers l'épure (il charge un peu la mule au niveau dramatique...) tout en gardant l'aspect hargneux, brut des personnages, pourraient y gagner en intensité... Wait and see, comme on dit, ce Belge en est encore à ses prémices.

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