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Je suis un fan absolu de Dead Man. Force est malheureusement de constater que le charme de Jarmusch a bien du mal à autant agir sur moi depuis une poignée de films. On ne peut lui reprocher de savoir planter des ambiances propres à lui : Tanger, Detroit, Swinton, Hiddleston même combats ; soit donc dans ces deux cités romantiques et délabrés deux dandys vampires déprimés et déprimants entourés d'objets vintage (on est pas chez Christophe Lambert, hein, on ne collectionne pas les beaux meubles et les cornemuses, là on est dans la culture de chez culture, nos deux héros étant entourés de vinyles, de bouquins, d'une vieille pile de magazines des Inrocks et de Rock et Folk en vrac dans un coin, de livres d'art, d'instruments de musique...). S'ils parviennent à reprendre un peu de couleur chaque fois qu'ils boivent leur petit gorgeon de sang non contaminé (ces cons d'humains, les zombies, même pas foutus de prendre soin de l'essentiel), ils ne sont guère jouasses pour autant. Swinton fera le voyage jusqu'à Détroit alors que Hiddleston est à deux doigts de se destroyer, justement... Ils seront rejoint pour un temps (un peu de sang neuf) par la pétillante Mia Wasikowska qui ne pense qu'à faire la bamboche et des conneries (ouah la charge sur la nouvelle génération aussi creuse qu'une méga teuf mise en scène par Harmony Korine) et devront réparer au final ses conneries. Cela poussera notre petit couple à revenir à Tanger... pour mourir ou renaître...

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On n'est pas dans le film à suspense, ni à rebondissement, on est bien dans du Jarmush pur jus, où l'on vit d'errance, où l'on écoute des morceaux de gratte pendant dix minutes, où les dialogues minimalistes sont parfois drôles (Mia, she sucks, eheh), où les personnages écrasés par le poids du monde et celui des ans ont tellement l'air de se faire chier que le spectateur n'ose à peine se plaindre (bah, ça ne dure que deux heures, ça va...)... C'est à la fois diablement poussif et terriblement coooooool (les personnages de Jarmusch sont définitivement coool, même John Hurt, 435 ans dans la vraie vie, est tellement zen qu'il finit par ressembler à une vieille branche d'arbre toute moussue) ; on apprécie forcément la musique - je dis forcément parce qu'elle est vite entêtante (quand tu écoutes pendant deux heures le même thème, ça marche), on applaudit à la beauté des cadres et des lumières, au choix du petit accessoire dans le décor qui fait trop staayyyyle, on serait presque près à trouver que notre couple (bla-)phare (ohoh) a un charisme qui flingue (même s'ils se la pètent un peu avec leur lunette de soleil de star vampirisé - ils ne nous prendraient pas, nous vulgaires zombies, un peu de haut, nan ?) mais le discours est tellement usé (putain de 21ème siècle tout pourri, c'était mieux il y a des siècles... à l'époque d'Eddie Cochrane - ouais Jarmusch a jamais connu Byron même s'il veut nous faire croire le contraire) qu'on ne peut s'empêcher de trouver le gars Jarmusch parfois un peu creux - oui, c'est bas. Oui, il a l'art de la nonchalance, de la cool attitude mâtinée de référence artistiques mais son périple americano-marocain vampirise aussi souvent d'ennui son spectateur.  Je continue de flirter avec Jarmusch - en lui reconnaissant définitivement une patte - sans être vraiment totalement séduit ni amoureux (Jarmusch, c'était mieux avant - j'aime la mauvaise foi...)

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