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Un polar sur fond de P.M.U., c'est toujours bon à prendre surtout quand c'est Raoul qui s'y colle. Alan Ladd (plus asexué qu'un clou... il aurait fait un parfait James Bond dans le genre "j'embrasse la donzelle mais je m'en fous comme de la Lorraine de cette quiche") doit un gros paquet de fric à un mafieux. Ne suant pas plus qu'un clou lors de leur entretien ("frigide" et rigide l'Alan), il rétorque à ce chien de Doc Baxter (Bruce Cabot) qu'il lui donnera sa thune dans 30 jours. La solution, pour lui, est simplissime : acheter un cheval, trouver un jockey, gagner une course - Guy Lux a voulu faire pareil pendant 50 ans, il en est mort. Le cheval est fougueux, le jockey (Stanley Clements, 1m12, tête à claques, point fort : sait parler à l'oreille des chevaux) est fougueux aussi et une dame, bonne comme du bon pain, risque malgré elle de créer le trouble. Cette jeune femme n'est autre que Gail Russell (habillée au quotidien comme Blanche-Neige à l'époque où elle fut kidnappée par les sept nains), l'institutrice de Stanley. Celui-ci est amoureux d'elle, Gail n'a d'yeux que pour Alan et Alan s'en branle complet. Cela va forcément créer des ptites histoires dans la grande.

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Walsh se retrouve avec un bon vieux triangle amoureux qui va à sens unique : d'une certaine façon Alan est prêt à "s'unir" avec Stanley (il est aux ptits soins pour lui, vient le voir le soir pour le coucher, lui apporte son ptit dèj au lit (...) du moment que celui-ci gagne la course. Une liaison dangereuse (ou de pur intérêt, pour être sérieux) qui risque de se payer cash le jour J... (le titre français, tout en finesse, ne dévoile absolument rien... nan, nan, nan). Mais on n'en est pas encore là. Entre-temps, on s'amusera de ce petit benêt de Stan qui croit dur comme fer que sa prof en pince pour lui (tous les encouragements (scolaires) d'icelle sont pris au pied de la lettre par notre jeune idiot (obsédé par le mariage... à son âge !...)). On se moquera de cette vierge Gail, vivant encore chez sa mère, toute excitée à l'idée de sortir avec garçon - Alan est tellement chaud-bouillant quand il est avec elle qu'il commande une limonade - y'avait pas d'Oasis ni d'Orangina). Ou encore on appréciera le flegme de l'Alan qui fait preuve d'un sang froid à toute épreuve - et qui voit en Gail comme en Stanley... juste un accessoire. La tension monte d'un cran (ou d'un crin pour les joueurs) avant la dernière course (Stan frustré, Gail perdue, Alan trompé...) - une dernière course où tout se joue tin-tin-tin...

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Walsh, sur la fin, nous sort du chapeau une petite facilité scénaristique qui fait peine (Ladd se sexualise en une nuit... tout simplement impossible...). Heureusement que le final apporte son lot de manigances, de double-crossing, de course-poursuite, de coups de feu et de beaux gestes sinon le spectateur, pris un peu pour une mouette au niveau sentimental, en sortirait, à son tour, un tantinet frustré. Un ptit film noir où le héros manipulateur et calculateur à souhait est sans affect (Ladd est absolument parfait dans ce rôle : le gros bon point du film)... sauf dans l'épilogue. Un peu too easy pour imposer le happy-end. Du 12 contre 1 malgré tout pour l'ambiance échevelée (et dans "échevelé", y'a cheval... ou presque) lors de la dernière ligne droite.

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 Walsh et gros mythe,