Insidious-2On pouvait encore, bien luné, trouver un charme surrané à l'hommage aux séries B fait par James Wan avec le premier Insidious. Mais en ne sachant pas s'arrêter, il piétine allégrement les quelques bonnes idées de jadis avec ce nouvel opus paresseux, laid et con comme un panier. L'hommage se transforme en vieux bouillon frelaté dans lequel on jette tout ce qui a déjà servi dans les soupes précédentes : chaque effet est ainsi prévisible bien à l'avance, chaque fantôme semble surgi d'un film du même genre, chaque épisode ressemble à tous les films d'horreur médiocre de ces dernières années. Ce n'est plus un hommage, c'est un montage en copier-coller des films des confrères ; et comme Wan ne va pas chercher forcément dans les meilleurs (toute cette veine fatigante de nanars espagnols avec orphelinats abandonnés, monstres dans le miroir et babyphones qui se déclenchent tout seuls), autant dire que le potage passe mal. Le pire, c'est que Wan voudrait bien aussi parfois imiter les bons films ; il demande donc à son minable acteur (Patrick Wilson, je m'en fous je balance) de refaire Nicholson dans Shining, mettant même son point d'honneur à le refilmer exactement comme Kubrick dans certains plans. On s'attend presque à l'entendre ricaner "I'm ho-ooome!". Clin d'oeil ? Oui, mais placé au milieu d'un tel méli-mélo d'influences douteuses, le truc ne veut strictement rien dire. Tout le film est comme ça, une compilation de "meilleurs" moments, entre emprunts aux machins de maison hantée des années 80 et recyclage de fantômes japonais. Wan ne trouve strictement jamais de nouvelles choses, de nouvelles idées, et du coup, la sentence tombe : on n'a jamais peur, puisqu'on sait toujours d'où va surgir le prochain monstre. Un navet, oui.