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Ces odyssées (fleuves) nous permettent de découvrir de petites merveilles et des films (fleuves) un peu oubliés qui charment par leur faste (il fut un temps, messieurs-dames les jeunes, où tous les figurants étaient différents et des êtres de chair et d'os), par leurs acteurs bigger than life (j'ai quand même découvert cette semaine que non seulement Charlton Heston fut jeune mais aussi entre deux âges - dans ce film, il finit en plus grimé comme l'enfant de Geoffrey de Peyrac et de Ribéry, du délire ; Sophia Loren est pour sa part belle à tomber même si elle est souvent un peu contrainte à jouer les potiches), à défaut de vraiment prendre aux tripes - les scènes intimes et les dialogues "adaptés" in english étant loin d'être aussi convaincants). Voici donc la version ricaine du cidre mis en corneille au château (espagnol) par Mann - oui, ça sent les vacances, on est d'accord. D'abord, pour faire taire les mauvaises langues vis-à-vis de ma condition médicale cinéphilique, non, promis juré, je n'ai pas dormi. Ceci dit, c'est vrai que ces 2h50 ont un arrière-goût de marathon mi-péplum mi-plum qui nécessite un bon entrainement. Si le premier combat entre le gars Rodrigue et son beau-père laisse un peu sur sa faim - une mort hors-champ ceci dit tout en style vintage (Mann s'amuse comme un ptit fou avec cet escalier en colimaçon), force est de reconnaître que le combat sur un immense terrain de jeu (10.000 figurants au bas mot) entre Rodrigue et un fâcheux vaut son pesant de pop-corn tout comme d'ailleurs le final avec ce siège de Valence et l'assaut final (entre les troupes toutes drapées de noir de Ben Youssouf - charismatique Herbert Lom - et celles de notre héros - Charlton est stone mais vaillant : 20.000 figurants selon Mélenchon). Du grand spectacle plein de bruits et de fureur qui déçoit un poil, disais-je, lorsqu'il est question des battements du coeur (Rodrigue as-tu ?).

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Chimène a pour Charlton les yeux de Loren et c'est la première bonne nouvelle de l'histoire. Charlton aura-t-il la tchatche et la Loren, c'est le premier enjeu du récit. Notre homme ne marque pas particulièrement de point lorsqu'il tue le beau-père d'icelle et la Sophia de s'enfermer dans un mutisme terrible (le regard noir, la mâchoire fermée) pendant au moins deux heures. Le plus horrible, pour Rodrigue, c'est que lorsqu'elle se paraît de noir, la diablesse est encore plus sexy qu'une actrice acrobate dans un film du gars Franju. Heston bout, prend son mal en patience, décime à tour de bras et atteint le nirvana lorsque sa belle, enfin, lui sourit, nos deux amants couchés dans une écurie. Seulement le repos du guerrier n'est pas fait pour durer et notre champion de devoir repartir au combat en laissant sa douce derrière lui - juste le temps de lui faire des jumelles et de disparaître de sa vue (hum). Voilà pour l'histoire d'amour qui demeure malheureusement la partie congrue. Mann mise sur les querelles politiques en coulisse (du costume, du décor, des accessoires en veux-tu en voilà... l'image mériterait sans doute une petite rénovation tant elle m'a paru dans l'ensemble un peu grisâtre dans les scènes d'intérieur notamment - je ne voudrais point pointer du doigt le chef-op pasque le gars Robert Krasker, c'est quand même pas un manchot, on est d'accord...) et la mise en branle de la soldatesque : vous voulez de la bannière qui flotte au vent, des casques ridicules en forme de pièces d'échec (le motif de la tour, rien à dire), du costume vintage et de la catapulte construite dans du bois de chêne ? Vous serez servi. Si vous êtes plutôt du genre à fondre pour de l'intime, à vous laisser bercer par la douce magie des mots, à vibrer pour des sentiments tout juste murmurés, ce Cid vous laissera un peu amer. Un peu brut donc, tenterais-je pour conclure, quitte à paraître parfois un peu bouché - sauf lorsqu'il s'agit d'apprécier l'ami Miklos Rosza, tout de même.

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 All my man Mann is here