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Quand Zatoichi arrive en ville, qu’il apprend que son ancien maître (masseur - son frère en un sens) a été assassiné et que son amie d’enfance est retenue dans un bordel, il est forcément guère jouasse et se tient sur le qui-vive.  Rapidement, il se rend compte que toutes les strates politiques et économiques de la ville sont viciés, de l’intendant au patron de la maison de passe, que tout le monde est corrompu jusqu’à la moelle. Pas la peine de louer les services d’un private eye pour trouver les coupables, Zatoichi a suffisamment de flair pour faire le job - qui consistera au final à décaniller la moitié de la ville et mettre fin à cette pourriture galopante jusqu’au plus haut niveau. Venger son maître traitreusement tué, libérer la fille de celui-ci et toutes les gonzesses exploitées dans un bordel, une mission à la hauteur de notre homme - qui sera, disons-le, sans pitié. Faut pas faire de l’ombre aux rayons du soleil qui illumine le front (bas) du Zato, nan mais.

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Une jeune fille pure encagée et battue, une jeune adolescente prête à se sacrifier pour son pater (un opportuniste qui a entraîné Zatoichi dans une partie de dés pipés : cela fait bien douze fois qu’on répète à peu de chose près la même arnaque dans chaque épisode mais bon, la partie de dés c’est comme le combat de sabre contre le samouraï à la sale gueule : un incontournable plat de résistance de la série), des prostiputes sorties d’un film de Gosha ou de Suzuki vraiment pas contentes de leur condition, il y a, avouons-le, une peu de féminité dans cet épisode  ;  mais notre ami Zatoichi, masseur, aveugle et quasi eunuque (c’est dur, je sais, mais sa maîtrise sexuelle finirait par être suspicieuse) ne se permet aucun écart (pour l’érotisme, faudra repasser), tendu qu’il est vers un seul but : faire payer toutes ces racailles pour leur fourberie (les éventrer restant surement le moyen plutôt sobre). On peut apprécier chez le cinéaste cette sorte de recherche constante du cadre dans le cadre (le motif des femmes qui sont enfermées dans ce sous-sol se prêtant particulièrement bien au jeu), notamment sur la fin : le film va progressivement en s’assombrissant (on s’engage de de sombres petites ruelles « coupe-gorge » - c’est le mot) et Akira Inoue  de charger son décor d’éléments divers comme pour montrer que les gros pontes vont inéluctablement se faire prendre dans ses petites ruelles aux allures de souricières. Toute la population de ce village est à la recherche de Zatoichi mais c’est bien lui qui va finir par cerner ses proies dans ce décor anxiogène.  Le réalisateur tente également quelques plans en caméra portée ce qui est relativement original dans la série mais cela n’apporte guère de « plus » : les scènes de violence faite aux prostituées ont de faux airs suzukiens, mais il faut tout de même se calmer au petit jeu des comparaisons.

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L’ouverture et la fermeture - avec ces séquences en pleine nature sous un soleil radieux - montre bien une nouvelle fois que l’homme est fait pour vivre en harmonie avec les éléments, la ville le corrompant - en milieu urbain, les êtres deviennent aussi étriqués  et dangereux que ces sombres recoins où dorment des tiges de bambous affutées… Pas bon, la ville. Heureusement qu’un Zatoichi va de village en village pour jouer les nettoyeurs et ouvrir les yeux aux personnages les moins pernicieux - et le ventre aux plus « viciés » et/ou vicieux. Episode 10 : la Revanche (de la vengeance de la revanche de la vengeance), nom d’une pipe.  

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