vlcsnap-2013-12-06-18h48m32s144

vlcsnap-2013-12-06-18h49m11s73

The Spirit of Saint Louis n'est pas l'oeuvre la plus célébrée de la filmo de Billy Wilder. C'est loin d'être démérité tant cette aéro-biopic en Cinémascope et Warnercolor n'est pas franchement à la hauteur de Lindbergh (cette chronique sent d'entrée de jeu les jeux de mot foireux - et pourtant je ne m'étendrai pas sur une prétendue femme de l'aviateur (la partie sentimentale est affreusement maigre) ni sur les faux airs de James Stewart avec mon pote Vince, je ne mange pas de ce pain-là). On pourrait toutefois s’amuser à dire que le film ne décolle qu’au bout d’une heure (Lindbergh prenant enfin son envol de New-York vers la France pour réaliser son exploit) même si malheureusement ce ne serait pas entièrement juste… Il ne décolle en fait jamais vraiment.

vlcsnap-2013-12-06-18h50m27s64

vlcsnap-2013-12-06-18h51m05s166

vlcsnap-2013-12-06-18h52m20s174

Non pas que le film de Wilder soit totalement dénué d’intérêt : Stewart fait le taff (en blond) en jouant les grands échalas mi-maladroit mi-naïf (si jamais cela peut donner un tout). Un feu interne, heureusement, l’anime (just do it) et un petit éclat passionné ne cesse de briller dans le regard bleu lavasse du grand Stewart qui rend une copie honnête ; de plus la partie juste avant le décollage est assez intéressante en soi : une ambiance ultra mortifère plane sur ce film (on est loin du pur divertissement, du fun et de la joie…), une atmosphère tristoune  que souligne la musique funèbre du gars Waxman : les voitures qui entourent The Spirit of Saint Louis ont des allures de cortège d’enterrement, comme s’il s’agissait d’ors et déjà d’accompagner Stewart dans sa tombe (lui dans son corbillard (ailé), eux dans leur brouillard…). Les personnes qui ont misé sur le projet de cette traversée de l’Atlantique en avion ont été refroidies par la mort des six aviateurs qui ont tenté l’exploit : ils viennent, semble-t-il, lui rendre un dernier hommage, déjà prêts à enlever leur chapeau sitôt l’aviateur hors-champs (ils ont en effet tous la main dessus… à cause de la mise en route de l’hélice de l’avion, of course, mais l’effet est saisissant). Wilder semble se faire une plaisir de jouer à fond cette carte dépressive, comme si plus personne ne croyait à un exploit possible. Une véritable chape de plomb tombe sur le film à mi-parcours ce qui est finalement assez osé ; enfin force est de reconnaître l’éternel sens du timing de Wilder : à chaque fois que son personnage principal piquait du nez dans son coucou, j’étais irrémédiablement poussé à faire la même chose. Le plus fort c’est que lorsque ce brave Stewart sortait de sa torpeur et, en pleine panique cotonneuse, faisait tout pour redresser son avion à deux doigts de plonger dans l’océan, j’éprouvais le même effroi (ayant peur que pendant mon sommeil ma fille soit tombée du lit - mais sa mère l’avait prise depuis longtemps, voyant bien que ce Wilder était loin de me passionner)… Au-delà de ces deux-trois points qui valent le coup d’être soulignés et de ce joli sens de l’image aérienne qui ferait rougir de plaisir du Yann Artus, The Spirit of Saint Louis demeure une sorte d’épreuve aussi bien pour Lindbergh que pour le spectateur : pas facile de ne pas piquer un ptit roupillon au milieu de la traversée/projection… Le grand air et les performances bigger than life, ça vous enivre et vous endort dans la foulée.

vlcsnap-2013-12-06-18h52m34s62

Take on walk on a Wilder side, here