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Les Danois ne sont pas particulièrement connus pour leur humour (si l’on excepte quelques torves cinéastes du pays). Les Somaliens, en particulier les pirates, ne sont pas plus célébrés dans le monde pour leur sens de l’humour. La prise d’otages n’est pas le sujet le plus tirlipimpon, enfin, qui soit. Dès les premières images (grisées, glaçantes, danoises…), on sent bien qu’on ne va pas assister à l’œuvre la plus fun de l’année. On ne s’en formalise pas pour autant, adéquation du fond et de la forme, on peut comprendre… Mais tout de même serais-je tenté de dire d’entrée de jeu, un peu assommé par cette démonstration sèche, précise, sans vraiment de suc ; au bout d’un quart d’heure, on a malheureusement l’impression d’avoir vu l’essentiel : d’un côté un chef d’entreprise danois, responsable, négociateur ultra pro, froid comme un iceberg avant le réchauffement climatique, aussi expressif qu’un bibelot ; de l’autre, des otages à l’air harassé, hagards (forcément) et des preneurs d’otages qui manient leurs armes comme s’il s’agissait de jouets. L’essentiel du film se passera autour d’un téléphone (sexy) et d’un fax (sensuel) ; on est en plein dans les rouages de la mécanique de la négociation avec d’un côté un Danois qui ne lâche rien (ou presque) et de l’autre un Somalien bilingue qui ne lâche rien (ou pas grand-chose). Une heure quarante de stoïcisme à la danoise (le chef d’entreprise porte son costume comme une armure), une heure quarante de bluff à la somalienne (On veut 15 millions… Nan ?... Bon, en tout cas ce sera pas moins de 5 millions… Pardon, vous avez dit combien ? Ok, c’est bon…). Un climat tendu, un filmage brut de décoffrage, des personnages d’une pièce (on vibre peut-être une demi-seconde, quand notre otage-phare, le cuisinier, caresse une biquette tout juste égorgée peu de temps après avoir senti la mort passer sur sa nuque… un peu démonstratif toutefois…) et au final une volonté de mettre le spectateur en état de choc un peu easy (spectateur qui a plus de chance, d’ailleurs, de finir dans une certaine torpeur, pour ne pas dire dans le gaz, la mâchoire tellement serrée qui lui sera difficile de sourire avant plusieurs heures - surtout s’il croise en sortant de la salle de projection un groupe de Danois en costume, ou de Somaliens armés). Hijack joue à fond la carte du « réalisme » (froid), l’impact psychologique n’est pas forcément à la hauteur de cette morgue un peu mortelle. Froid, quoi - et gris, aussi.

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