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Kirk Douglas n'a pas d'étoile - non pas qu'il déteste les shérifs (ohoh) mais il n'en suit aucune -, est un homme libre et déteste ô combien les fils barbelés. On comprendra son traumatisme à l'heure de jeu (l'incontournable "blessure" - dans tous les sens du terme ici - du héros de western taciturne) mais comme il n'est point non plus homme trop buté, le Kirk saura évoluer en fonction des circonstances : pasque voilà, si les barbelés sur la prairie bousillent indiscutablement le paysage et la libre-circulation, c'est aussi le seul moyen pour les petits propriétaires de se protéger, de conserver une terre bonne à paître pour leur troupeau en hiver face au mastodonte de l'élevage qui bouffe tout sur leur passage. Kirk finira par prendre la défense des plus faibles - quitte à aller contre ses principes - avant de reprendre la route tel a poor lonesome cowboy.

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Une série de personnages relativement prévisibles (le petit jeunot que Kirk prend sous sa coupe : il lui apprend tout, l'autre se rebelle pour gagner son autonomie (je suis pas ton kid, mais euh, merde quoi !) avant de retomber dans les bras de son vieux buddy ; la pute au grand coeur avec des kilomètres au compteur (sorry dear Clair Trevor) ; la patronne moderne (avoir une salle de bain dans un ranch c'est stayyyyle) chaude comme la braise (toujours partante pour montrer mollets et fendre jupes) : Jeanne Crain, diablement sexy tout de même), une mise en scène tardive du Vidor qui n'a rien de franchement exceptionnel (ça finit par fumer un peu sur la fin avec ce troupeau de boeufs lancé à pleine vitesse et magnifiquement filmé... c'est déjà ça) mais un Kirk, lui, il faut le reconnaître, en pleine bourre : tour à tour sage en simple formateur et sauvage quand on le titille un peu trop, solitaire endurci et amoureux impulsif (qui ne s'amourache jamais de trop et sait partir à temps), buveur à la coule et cascadeur en boule, clown grimaçant (le Kirk toujours plein d'ironie et frôlant parfois le burlesque) et cow-boy menaçant (le sang et l'écume aux lèvres), notre homme se donne à fond. A défaut de grands moments et de scènes cultes, on pourra se raccrocher aux épaules - larges - de notre gars Douglas qui sait toujours apporter quelque chose de tonifiant dans un objet filmique. Un Vidor honnête qui s'efface indéniablement derrière la carrure d'un très bon Kirk.

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