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Ce film - le deuxième long métrage de Mann - devant ressortir prochainement dans la collection Criterion je me suis dit que cela valait surement le coup d'y jeter un oeil. Alors oui, un oeil, mais pas plus, l'autre pouvant s'il le souhaite vaquer à la lecture. Si l'esthétisme des films en couleur des 70's est rarement jojo, ceux du début des années 80 est souvent à loger à la même ancienne... Que dire également de cette terrible musique d'ascenseur (franchement... vi, franchement) signée des Tangerine Dream (on dirait Jean-Michel Jarre qui tenterait de composer avec une guitare électrique - genre) - si je n'avais pas vécu dans les années 80, je ne pourrais croire qu'une quelconque génération a pu écouter ce genre de zique sans faire une révolution... Mais j'y fus et dus même parfois me taper pire... Bref, si en plus on évoque l'histoire d'amour à l'eau de rose (les images sur la plage, ô ma grand-mère...) du bazar, on va croire que je me suis copieusement ennuyé... Ben pas que. Parce Mann a déjà en germe cette capacité qui lui est propre à filmer de longues plages sans aucun dialogue (il faut juste couper le son...) pour conter tout un pan de son histoire (qu'il s'agisse des deux casses ou des règlements de compte). Ce style assez particulier vaut le détour ainsi que ces soudains éclats de violence qui sont filmés sèchement - lors du final notamment.

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Le film demeure gentiment linéaire (l'histoire en deux mots : James Caan, voleur de haut vol, décide de bosser pour une fois avec un big boss de la pègre ; alors qu'une certaine complicité commence à s'installer entre eux, la situation va soudainement se tendre après un gros coup ; fallait po jouer avec ce type torve mais faut po non plus trop gonfler James Caan qui n'est pas du genre à faire des concessions et à se laisser marcher sur les pieds...) et monte un peu en puissance dans la dernière demi-heure... Avouons tout de même qu'une bonne partie manque terriblement de punch (les casses au tire-bouchon ou au chalumeau sont aussi trépidants qu'une partie de curling sur de la glace fondue) et de rythme. Même si l'on sent le soin que Mann tente de mettre à découper proprement chaque scène et qu'il nous livre un final... radical, ce Thief peine à réellement voler notre âme... Des débuts sérieux, propre mais un peu plan-plan... 

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