vlcsnap-2013-09-24-21h54m56s149

Après le thriller musclé (efficace Drug War), To '2013 réalise le thriller fourre-tout : de l’enquête sanglante, de la romance clicheteuse (Andy Lau et Sammi Cheng n’ont pas seulement le même nez : il va naître entre eux une vraie complicité… alors qu’au départ c’était po gagné - ressort classique), et (c’est surtout là que le bât blesse) de la comédie hong-kongesque OHOHOH (des insultes qui volent, des personnages qui éructent, du grand boulevard sauce aigre-douce). Après douze ans passés en Asie, le constat s’impose : on n’a pas le même humour - remarque, il y a des gens en France (deux ?) que Frank Dubosc fait rire, on ne peut jurer de rien. Non, franchement, la comédie grand-guignolesque outrageuse, ce n’est pas pour moi. Andy Lau en détective aveugle (l’aveugle trouve de plus en plus de débouchés au cinéma après masseur) et Sammi Cheng en assistante foldingue qui marche en canard, peut-être que cela fait rire les grands enfants chinois de plus de 18 ans, perso, non seulement cela me laisse de marbre mais j’éprouverai presque une sorte de compassion pour le grand Andy : il s’oblige à en faire des caisses pour faire marrer grassement en jouant avec sa canne multi-pliable et c'est, au mieux, pitoyable… Chaplin reviens, ils sont devenus fous.

vlcsnap-2013-09-24-21h55m24s173

L’idée de départ n’était pas forcément idiote : un super détective aveugle, faisant preuve d’un sens olfactif très développé, a des sortes de « visions » en se mettant dans la peau des victimes : il dialogue mentalement avec elles et remet en scène les crimes ; il élabore alors toute une théorie qui le met généralement sur la piste du criminel… Malheureusement, on sent bien dès le départ que l’humour gros comme un tronc (de baobab) de la chose ne va pas être notre tasse de thé (vert) mais on s’accroche (pendant deux heures quand même…) en espérant quelques fulgurances de mise en scène voire une once de finesse comique… Il nous faudra déchanter : on est dans la grosseu Komédie pour pré-ado (un humour véritablement décérébré) avec d’étranges fulgurances de violence réservée normalement à un public adulte… On en arrive d’ailleurs à se demander à quel type d’audience s’adresse véritablement ce genre de film... (J’ai bien ma petite idée mais je risque d’être caustique). Pas à moi en tout cas, un peu gêné de voir les gars To et Lau tomber dans une telle facilité bêtasse. Rassurez-vous tout de même pour Andy Lau, il doit y trouver son compte s’il est fin gourmet : il bouffe pendant deux heures les multiples spécialités chinoises, faisant parfois passer le film pour un réel documentaire culinaire. Bon appétit Andy, je vais passer mon tour sur cette occase, je suis un peu barbouillé en ce moment.

vlcsnap-2013-09-24-21h55m45s136