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Il revient, le Bernardo, avec cette petite chose intime en sous-sol (ou en sofa - c'est selon) sur deux petits jeunes un peu perdus : on pourrait facilement voir au début du film, derrière le personnage de ce psy sur son fauteuil roulant, un Bertolucci toujours avide de cerner, de comprendre cette jeunesse folle quelles que soient les décennies. Soit cette fois-ci à ma droite un ado acnéique mal dégrossi et ultra solitaire ; à ma gauche une jeune fille un poil délurée, au visage mangé par les grains de beauté, qui, après avoir brillé précocement dans la photo, est tombée dans l'héroïne. Nos deux nouveaux amis, demi-frère et demi-soeur par ailleurs, vont se croiser dans une cave où ils vont cohabiter le temps d'une petite semaine. L'occasion pour lui de s'ouvrir un tantinet, l'occasion pour elle de se désintoxiquer, l'occasion pour eux d'être solidaires dans leur malheur pour, pourquoi pas, tenter ensuite de repartir du bon pied.

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On le voit, Bertolucci (pour son ultime opus ?) ne cherche point la provoc ni la haute réflexion philosophique mais tente simplement, en huis-clos, de faire un portrait de ces ados-adulescents se reconnectant, s'entraidant, s'aimant, se libérant. C'est aussi simple et basique que la métaphore de ces fourmis vivant en colonie et en vase clos retrouvant le chemin de la liberté. Le cinéaste parvient à filmer avec subtilité ce lieu guère sexy, à lui donner de la profondeur, des ouvertures constantes, un peu l'image finalement de ses deux personnages qui vont progressivement s'ouvrir l'un à l'autre. Si la BO djeun's et musclée (The Cure, Arcade Fire, Muse et les deux sublimes versions de Space Oddity) permet quelques belles échappées (regrettons simplement que le plus beau moment du film - la scène incandescente de danse sur une version italienne de la chanson de Bowie - était déjà dévoilé dans la bande-annonce que j'avais eu, pour une fois, le malheur de me faire avant), si le cinéaste parvient au forceps à nous rendre touchant ces deux individus au physique un peu ingrat mais non dénués de charme, on a tout de même l'impression parfois de tourner un peu à vide : nombre de petites scènes (l'installation du lieu, les scènes multiples de vomissement, la visite du gars entre deux âges...) n'apportent pas vraiment beaucoup d'eau au moulin... C'est une oeuvre au final fragile, un peu malade, tenterons-nous, qui repose beaucoup sur les épaules des deux jeunes comédiens : ils s'en sortent heureusement avec les honneurs et parviennent, sur leur fil (et grâce à Bowie quand même...), à nous transmettre une petite part de leur force intérieure, de bonté, de magie... Minimaliste, humble mais filmée avec une vrai foi envers le feu sacré de la jeunesse, une oeuvre bertolucienne (au goût de margarine ? Allons, s'il vous plaît...) relativement apaisée et apaisante.

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