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L'incontournable fan de Gene Tierney que je suis (je sais, on commence à le savoir) prend toujours un grand plaisir à la découvrir dans une oeuvre où elle a en plus un personnage à défendre. Adaptée d'un roman de Somerset Maugham (prononcez MôM et ne me remerciez pas), cette oeuvre de Goulding jouit qui plus est d'une bonne réputation. J'étais prêt à savourer les 2h25 du film en ce dimanche qui ressemble de toute façon à tous les dimanche. Bon, soyons franc, c'est plein de bons sentiments, la morale est belle comme tout mais c'est quand même terriblement plan-plan. Goulding fait le choix de tourner plusieurs séquences dans la longueur - avec une caméra relativement fixe à une ou deux exceptions près (la belle scène du bal au début) - ce qui permet aux acteurs de poser leurs personnages et d'apprécier ces dialogues ciselés. Bon mais on s'ennuie quand même sec d'autant que la profondeur psychologique des personnages n'est finalement guère... creusée.

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Petite présentation des personnages principaux pour la route : un couple ultra glamour avec Tyrone Power et Gene Tierney, lui bon comme du bon pain et à la recherche de la sagesse (cherchez l'intrus dans son parcours initiatique : Paris, Lens, L'Inde...), elle pas mauvaise à l'origine mais affreusement bourgeoise... et terriblement jalouse par la suite. Il veut qu'elle lui donne du temps pour qu'il murisse, trouve sa voie, fasse des rencontres et des expériences, elle dit oui puis elle finit par craquer ; elle épouse alors un homme riche qu'elle n'aime pas et lui fait deux gosses dans la foulée. Autour d'eux des personnages un peu froid (à part peut-être Anne Baxter as Sophie : meurtrie par la mort de son mari et son bébé, elle sombre dans l'alcool et s'attache à des apaches dans les bas quartiers parisiens - cela lui vaudra un Oscar pour la peine) : Herbert Marshall as Somerset Maugham himself, droit comme un piquet, Clifton Webb, ultra snob malgré une certaine générosité, John Payne, le mari de Gene, inconsistant... C'est pas la joie. On aura donc droit à une longue parabole avec le solitaire Power toujours prêt à aider son prochain (c'est bien) et l'éternelle insatisfaite Tierney incapable de rattraper ses erreurs (c'est bien fait, na).

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On voit du pays (des States à la France en long et en large (Lens ahaha) en passant par l'Inde - joli matte painting montagneux), on apprécie les nombreux passages en français, with a slight american accent for once, on sent que Goulding se plaît à coller sa caméra sur ses acteurs pour faire avant tout oeuvre psychologisante sans jamais chercher à accélérer le rythme pour un oui ou pour un non - ce qui est tout à son honneur (oui les fans des films d'action seront déçus, c'est clair...), on aime ce bon vieux cinéma où il y avait encore des références littéraires de goût (de Ronsard à Keats) mais on ne peut s'empêcher de trouver l'ensemble terriblement sage et attendu. Tyrone Power semble avoir mangé de l'amidon pour être si zen de bout en bout (Tierney se presse contre lui et il l'écarte comme s'il s'agissait d'une huître), Tierney si sensée au départ devient méchante comme tout sous le coup de la jalousie et la transformation de la gazelle en tigresse semble un peu forcée et même si les séquences s'enchaînent avec une certaine élégance, c'est un peu morne plaine au niveau des émotions... restent les regards enamourés, calculateurs ou perdus de Gene, vi... Fan oui, mais pas hystériquement non plus, hein.

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