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En pleine mise en abîme, James Wan réalise un rmake de son film précédent, qui était déjà un remake de l'intégralité de la production de genre des années 50 à 80. The Conjuring est donc une grosse compil de tout ce qu'on a déjà vu dans le film d'horreur depuis toujours, sans autre invention, sans aucune volonté de personnalité ou de modernisme. A ce titre, il est plaisant mais aussi un peu frustrant, à croire que l'horloge s'est arrêtée et que rien n'a été fait depuis que les murs d'Amityville suintèrent le sang.

Admettons pourtant que la première heure tient toutes ses promesses. Même si Wang recycle sans vergogne tout ce qu'on connaît déjà, de la poupée maléfique à la maison aux bruits bizarres, il est indéniable que le gars possède parfaitement les ficelles du métier, et parvient à nous faire flipper. La partie de cache-cache, avec son lot d'armoires qui s'ouvrent toutes seules et de rires de fillette inquiétants, est parfaite, culminant avec un très beau montage : une femme dans une cave obscure, craquant nerveusement des allumettes pour éclairer fugacement le noir, alors que le danger est derrière elle (ces deux bras gris qui sortent de l'obscurité, excellent). Vera Farmiga est d'ailleurs tout à fait convaincante en victime de base, brave mère de famille dont le physique tranche avec les bimbos habituelles du genre. Elle mime très joliment la peur, et comme Wang maîtrise parfaitement les rythmes, le hors champ et les petits détails effrayants, on est content du spectacle. On tique un peu devant l'indigence du scénario, qui se prend très au sérieux alors qu'il est à se taper sur les cuisses (le cachet "inspiré d'une histoire vraie" marche-t-il vraiment encore aujourd'hui ?), devant ce couple de mediums qu'on voudrait nous faire passer pour des scientifiques avérés, ou devant ces dialogues impossibles. Mais on ne demande après tout qu'à avoir peur, et ça fonctionne.

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Ensuite c'est nettement moins bien. En virant dans le Grand-Guignol et l'exorcisme de base, le film se perd complètement. On aimait la simplicité (presque l'épure) du début, on soupire devant la surrenchère d'effets de la fin. D'autant que tout est déjà vu : la fillette traînée par les cheveux par une force invisible, la nana envoûtée qui vomit des insanités, l'exorciste qui hurle des "retourne d'où tu viens, Satan !" en roulant des yeux, le monstre caché sous le lit, etc etc etc. C'est tellement du plagiat de tous les autres films qu'on sait deux secondes à l'avance à quoi on va avoir droit, et le bel équilibre de la première heure s'effondre. Ca pourrait être un amusant hommage, mais c'est tellement premier degré (ce qu'évitait Insidious) que ça en devient juste ennuyeux. On finit par ne voir que les défauts : facile d'effrayer en se contentant de faire "Bouh ! "après un grand silence. Banal, banal, banal...