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Toujours à l’affût des conseils de nos avisés lecteurs, j’ai donc dégusté ce Tampopo qui pendant pratiquement deux heures traite de façon sympathiquement comique de la bouffe au Japon. En fil rouge, on suit les mésaventures de cette fameuse Tampopo qui, conseillée par toute une équipe de bras-cassés gourmets, va tenter d’ouvrir l’une des meilleures gargotes (au monde) spécialisées dans les nouilles. Attention, c’est un sujet plus sérieux qu’il n’en a l’air, les Nippons évoquant les pâtes et leur bouillon avec la même richesse de vocabulaire qu’un Français (qu’il s’y connaisse ou non…) les vins. Viennent se greffer sur ce récit principal, des tranches de vie diverses : un gentleman-mafieux qui aime à mêler sexe et mangeaille, un resto huppé qui tente de donner des cours de « bonnes manières », un vieux qui a quelques problèmes pour déglutir, une jeune femme malade préparant son dernier repas… Bref la petite bouffe au quotidien version nippone avec une pincée d’humour savamment dosée.

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On se régale de la dévotion de cette Tampopo toujours volontaire et au taquet pour apprendre le secret d’un bouillon, pour s’entraîner telle une sportive de haut niveau pour tenir la longueur derrière le comptoir, pour guetter la réaction d’un client. Notre apprentie cuisinière, sous la houlette affectueuse de ce cow-boy routier (Tsutomu Yamazaki), va se dévouer corps et âme pour donner le meilleur d’elle-même et satisfaire ses clients… Un travail de longue haleine qui va trouver satisfaction lorsque tous les clients ne laisseront pas une goutte de bouillon dans leurs bols - une jouissance qui s’exprimera par quelques larmes d’émotion impossibles à contenir… Le Japon, c’est aussi une culture du service, mes amis. Les autres épisodes jouent sur différents registres : de l’érotisme de la séquence d’un jaune d’œuf qui passe de bouche en bouche entre deux amants au mélodrame de cette mère de famille exsangue qui laisse ses dernières forces dans la confection d’un ultime repas familial (quand je parlais de « service »… cela rime avec sévices…) en passant par la séquence délirante de cet homme qui s’étrangle avec une tranche de gras et se retrouve sauvé… par un aspirateur (on est pas loin des Monty Python). Itami compose son film-repas en variant les genres et réussit une comédie, forcément douce-amère, qui à la fois émeut… et donne sacrément faim (le type qui rentre dans la salle de cinoche le ventre creux, il est officiellement mort). Trois étoiles.

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