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Superbe portrait de femme (la Woodward qui ne peut que faire penser aux futures compositions de la Gena chez Cassavetes - avec une pointe de génie en moins ? sans doute) qui oscille entre la crise de nerfs teinté d'humour et... le pathétisme : dommage que cette dernière semble complétement lâcher ses enfants dans la dernière partie, comme si en voulant en faire une sorte de métaphore d'une Amérique qui oublie ses enfants, les auteurs avaient fini par la condamner, la sacrifier. C'est pourtant bien elle qui semble être la première victime de ce climat cauchemardesque ricain : abandonnée par son mari, traitée comme une moins que rien par cette antiquaire prête à l'acheter comme une vulgaire lampe, moquée par ses anciens camarades de classe, lâchée par les banques et ses proches, la Woodward tente bien de se démener, de s'accrocher... en pure perte. Grand moment que celui où elle tente de prendre de la hauteur sur cette colline et où elle est finalement "rappelée à l'ordre" par ce benêt de flic (qui lui demande de se garer proprement, le message est clair). Son originalité, son décalage, son humour, son grain de folie n'ont plus de place dans cette Amérique atomisée économiquement. C'est elle la personne la plus attachante de cette oeuvre même si tout est fait sur la fin pour la mettre au pilori (son alcoolisme, la honte qu'elle fait rejaillir sur sa gamine, la mort de ce pauvre gros lapin...). On comprend bien que la gamine toute mignonne qui élève ses marguerites et tente de tirer de ses expériences une meilleure connaissance de l'univers (c'est pas rien) est au final la seule porteuse d'espoir (no mama I don't hate the world)... Mais le personnage de mère courage incarné par la Woodard aurait surement mérité un peu plus d'empathie...

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On ne peut pas dire que les personnages secondaires soient à la fête entre l'aînée épileptique et majorette (pire je vois pas), la femme qui abandonne totalement cette pauvre grand-mère (excellente Judith Lowry au jeu mutique... tout en rides), le voisin indifférent, la gamine cruelle avec sa carcasse de chat... comme une galerie de portraits d'une Amérique lâche, égoïste, peu reluisante... Du capharnaüm de la maison où règne cette mère bordélique à souhait, une petite marguerite sage et savante parviendra tout de même à éclore mais l'on ne pourra s'empêcher de penser (non, vous ne m'empêcherez pas) que c'est en partie grâce à cette mère foutraque et à l'esprit critique ravageur que la chtite a fini par développer cette curiosité et cette ouverture sur le monde (l'aînée, se contentant elle d'imiter sa mère pour la donner en spectacle à une foule morne, semble condamnée d'avance...). Passionnant film du gars Newman qui après Rachel, Rachel continue de cultiver "son jardin" de fort belle manière.  

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