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Ce film qu’on pourrait encore situer au  début de la carrière de Mann commence sur de bonnes bases : une silhouette d’homme, de dos, progresse, chancelante, dans une artère de la ville en pleine nuit. L’homme décidément pas au mieux est à deux doigts de se faire écraser par un taxi. Une jeune femme pas farouche décide de venir en aide à ce type en perdition : il ne sait plus où il habite, dans quelle ville il se trouve, comment il s’appelle, à quoi il ressemble... A-t-il trop lu de livres de Modiano ou est-ce cette sale blessure à la tempe qui l’a mis dans cet état ? La jeune femme décide d’emmener notre homme à la police pour éclaircir la situation, seulement voilà, à quelques pas de l'entrée du commissariat, ils apprennent par un vendeur de journaux qu’un crime a été commis non loin de l’endroit où notre homme et la chauffeuse de taxi se sont rencontrés… Mystère, mystère…

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On voit dès le départ  se dessiner la trame de l’éternel « faux coupable » qui, avec une alliée d’occasion, va devoir prouver son innocence (et à la fin ils se marient, non ? Ne soyez pas caustique. Oui, à la fin ils se marient). Si on se frotte les mains dans les cinq premières minutes, on a tôt fait de les replacer bien à plat sur les accoudoirs. Tous les personnages que l’on croise sont en effet taillés dans le gras, des stéréotypes que l’on ne connaît déjà que trop dans les forties : le policier ricanant auquel on ne la fait, le journaliste fouille-merde, le petit personnel tout tremblant de peur de se faire accuser, le scénariste tirés à quatre épingles, la star féminine qui tire la tronche, la proprio vieille fille qui écoute aux portes, etc… Notre petit couple ne dégageant rien d’extraordinaire (Tom Conway un peu trop raide, Ann Rutherford en bonne copine souriante sans guère d'aspérités), la plupart des séquences étant filmés à plat (tous en rang d’oignons, face caméra, ça tourne), on ne peut pas dire que l’on vibre vraiment des masses devant cette mince intrigue. Même si, sur la fin, l’apparition fantomatique d’un révolver pointé sur notre héros et le coup de feu qui s'en suit et qui déchire la nuit pourraient nous faire frémir, même si, dans les cinq dernières minutes, on a droit à deux-trois rebondissements sur l’identité de l’assassin, avouons que Two O’Clock Courage, malgré un véritable sens du rythme sur… 65 minutes, demeure bien « mignon »... Mann continue de se faire la main… 

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All my man Mann is here