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Il y a apparemment deux types de spectateurs de ce film de Hawks : ceux qui crient au génie des acteurs (John Barrymore et Carole Lombard) et s’émerveillent devant cette screwball comédie des thirties survitaminée, et ceux qui s’ennuient farouchement devant cet exercice boulevardier où les deux personnages principaux hurlent de bout en bout. Je fais sans aucune discussion possible partie du second groupe. Après une première partie où les personnages théâtralisent à mort (Ok, il est metteur en scène, ok, elle est devenue une star de Broadway), on se dit que cela ne constitue qu’une petite mise en bouche un peu « grossière » (et je ne parle pas de la vision de Lombard en soutif, vision so shocking eheh, ni du regard un peu tendencieux de Barrymore sur le derrière de sa secrétaire) de l’histoire. Que nenni. Dans l’heure qui suit, alors que l’action se transporte dans ce train lancé à toute allure - le fameux Twentieth century du titre qui fait la liaison entre Chicago et New-York -, on ira crescendo dans l’hystérie et les excès avec un Barrymore qui en fera des tonnes (du roulement d’yeux à l’évanouissement) et une Lombard qui en fera des caisses (de la plainte colérique à l’évanouissement). Pas une fois je ne suis parvenu à rentrer dans ce jeu excessif qui se veut drôle et qui devient trop rapidement poussif. Si ce n’avait été pour Hawks (l’équivalent de Dieu, voire parfois un peu plus, pour lequel j’ai le plus grand des respects), je crois bien que j’aurais franchement sauté du train en marche.

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Le scénar est qui plus est cousu de fil blanc (elle n’est rien, il en fait une star, ils se marient, enchaînent les succès, ils se séparent, il enchaîne les fours : la seule porte de sortie pour John est de la convaincre par tous les moyens (le temps infini de ce voyage en train) de participer à sa prochaine pièce. Les running gags, cette fameuse mécanique plaquée sur du vivant bergsonien, sont bien lourds (ce petit homme avec une case en moins mais inoffensif qui placarde ses affiches partout ou ces répliques systématiques de Barymore pour virer ses assistants - qui reviennent finalement toujours servir le « grand homme ») et même si le couple phare fait preuve d’un certain abattage sur la longueur, que les dialogues « écrits à l’ancienne » s’enquillent, le spectacle de ces deux individus qui soufflent, éructent, crient pendant 90 minutes s’est avéré à mes yeux terriblement lassant, pour ne pas dire épuisant, vain. Bref, si c’était à refaire, ne comptez pas sur moi pour composter mon billet. Sorry Howard…

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