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Je ne suis pas du genre à aimer tailler dans le gras (ce d'autant que le héros du film - Mario Lanza (existe aussi en marque de café) - est un ténor) mais disons-le franco de port : je me suis ennuyé ma race. Alors oui, Anthony Mann est, on le sait, un touche à tout. Il tente donc le film musical avec des morceaux d'opéra. L'opéra est un genre auquel je suis aussi sensible que la tauromachie, ne cherchez même pas le rapport. Et d'une j'ai dû me taper 212 morceaux en solo d'opéras, d'Othello à Don Giovanni et j'en passe, surtout ceux que je n'ai pas reconnus - si, il y l'Ave Maria aussi... Une vraie compile en double CD en promo chez Leclerc - je sais, j'abuse. Et de deux, il y a aussi de la tauromachie comme un fait exprès. Ajoutez à cela un scénario aussi simpliste qu'un jambon beurre : l'ascension vers le succès (il a la voix - alors qu'il est vigneron de formation, hein, comme quoi), la chute (à cause d'une femme), la rédemption (grâce à une femme), la rechute possible mais non... et vous aurez une petite idée de la torture que j'ai dû endurer au cours de ces deux heures. N'exagérons rien, allons, je n'ai point tant souffert. Juste que j'ai autant adhéré à la chose que du scotch sur un mur en parpaings (essayez, vous verrez, c'est pas jouable). Alors oui, la première femme ultra-sophistiquée et vénéneuse à souhait est Joan Fontaine : elle coule (...) chaque homme (artistes, sportifs...) qu'elle rencontre, bravo... Franchement too much avec ses petites allures de fine mouche, toujours une clope ou une coupe de champagne à la main, genre. Alors oui, il y a Sara Montiel (rien à voir avec Bernard a priori) en femme rassurante et pleine d'empathie qui l'espace de quelques scènes m'a tout de même tenu éveillé, avec ses robes qui s'arrêtent juste là. Elle envoie de la tortilla comme on dit mais pas de quoi non plus manger sa muleta - peut-être lors de la scène sous la pluie quand son juste-au-corps est juste au corps ?... Mouais. Alors non, par contre, il y a Mario Lanza qui a certes au moins une corde à son arc (elle est vocale) mais qui joue comme un tromblon : il tente de faire passer toutes ses émotions soit dans ses sourcils, soit dans ses paupières ; ça doit être un défaut des ténors vu qu'ils ont la bouche souvent occupée et qu'ils sont obligés d'avoir constamment les bras autour du ventre, sûrement pour tenter d'avoir plus de coffre... Aussi sexy qu'un ours brun, coiffé comme le type d'Eraserhead, Mario (qui a l'audace - ou l'outrecuidance (?) - de s'habiller comme le personnage des jeux vidéo) est à moudre...

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Et Mann dans tout ça ? Je suis perplexe. Ok, un homme est partagé entre deux femmes, classique, mais sinon ? On pourrait tenter, allez, de sauver l'une des ultimes séquences lorsque Sara, piquée au vif, fait une petite démonstration de toréador devant la Joan en maîtresse de maison arrogante. Si elle l'avait transpercée, là, juste au milieu du salon, je dis pas, j'aurais applaudi à deux mains. Si en plus elle avait pu au passage égorger son mari, fantastique, cela nous aurait évité d'écouter le 212ème morceau... Mais que nenni, ça reste frileux jusqu'au bout, la pauvre Sara se faisant d'ailleurs bêtement écraser par un bus dans la foulée - il y a plus de circulation à San Francisco qu'à San Miguel, déplore-t-elle, c'est un peu la morale lafontainesque de l'histoire. Parfois, dans certaines odyssées, il faut souffrir. On n'en voudra pas trop à Mann pour ce raté... mais j'ai ma dose d'opéra (et non d'apéro, tiens, ça c'est drôle) pour un an.

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All my man Mann is here