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Est-il moral de faire un travelling sur un camp de concentration ? Et de faire un film sur un match de foot entre prisonniers alliés et les Boches, hein ? Ne polémiquons point, cela n’en vaut point la peine. Comme son compatriote Eastwood le fera plus tard avec le cucusse Invictus, John Huston veut tendre à prouver que le sport, au-delà de la formation d’un esprit d’équipe, est une question fondamentale de tolérance, d’entraide (vitale, pour le coup, vu que l’entraîneur anglais demande la participation de footballeurs de pays de l’Est que l’on va sauver pour ce faire des camps de la mort - pas rien) et qu’il peut servir à galvaniser tout un peuple, toute une nation, tout un continent - les « Victoires ! » lancées par le public français du Stade de Colombes pour soutenir cette équipe à laquelle elle s’identifie - hourra, hourra. Bon, c’est un peu facile mais le gars Huston avec cette Marseillaise entonnée par tout un peuple et ce « mot » d’encouragement répété comme un mantra sur la fin du match parviendrait presque à faire passer un ptit frisson d’émotion dans l’échine… Je dis presque parce que le procédé est tellement facile, attendu, les ficelles sont tellement grosses (ces bouchers de joueurs allemands qui schumarerisent (le mot s’emploie) les intrépides joueurs alliés (Pelé, Ardiles, Deyna, Bobby Moore et j’en passe…) ; cette remontée incroyable au score ; le suspens du penalty ultime…) qu’on a du mal à être vraiment dupe. Bref.

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Un camp de prisonniers transformé en camp d’entraînement, fallait oser , un camp où tout le monde ne semble pas être logé à trop mauvaise enseigne - fallait pas non plus plomber inutilement l’atmosphère ; il y a bien ces cinq footeux de l’Est qui arrivent, mal nourris et tout sales, mais sinon l’ambiance générale est loin d’être réellement dépressive et misérable. Faut dire que chez les alliés, on a un homme de poids, Mister Stallone himself qui entre deux rôles de boxeur (les 12 Rocky) et avant des parties de paint-ball au Vietnam (les 12 Rambo) joue les gardiens de foot résistant : lui-même, avec son regard de cocker dont le corps est bêtement tombé dans la potion magique, a bien du mal, semble-t-il, à s’y croire dans ce rôle de héros malgré lui - il a pour mission de faire échapper toute l’équipe après avoir pris contact avec la résistance (belle armée de résistants français avec Carole Laure (introducing) et Jean-François Stévenin toujours au taquet). On s’amuse de ses mines défaites et de son air hagard, lui qui a toutes les peines du monde à contrôler la situation… et le ballon de football - imaginez Pierre Palmade en joueur de hockey sur glace, ben pareil. Avouons que le match de foot final est relativement bien filmé et bien mené - sieur Pelé à la baguette (pas vu Les Seigneurs, hein, vous ne m’en voudrez pas de ne pas comparer…) - ce qui n’est pas toujours évident pour les sport d’équipe (vous avez déjà vu un film avec un match de hand ball ? Nan, alors ne la ramenez pas trop, please). Pour le reste, on reste dans le divertissement gentillet en surfant sur une période de l’histoire un tantinet sombre... C’est ça la magie du football… Oups. Léger, dirons-nous… Pour ne pas dire ultra light…

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Huston ? Nan mais allô Huston ? Clique