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Moins noir - et sûrement moins classe - que l'incontournable Sunset Boulevard, Fedora possède malgré tout un certain charme (cette maison isolée située sur une île non loin de Corfou, la musique toujours envoutante de Miklós Rózsa, la présence de star hollywoodienne de l'ancienne et de la nouvelle génération (William Holden, Henry Fonda, Michael York...), un charme mis en scène par le grand Wilder qui n'a pas trop à forcer sur son talent). Cette grande star que fut Fedora est-elle exploitée par sa garde rapprochée (dame de compagnie, docteur chelou, chauffeur musclé (le fassbinderien Gottfried John), vieille comtesse revêche...) ou est-elle devenue résolument folle et parano ? Ah ces grandes stars qui lorsqu'elles quittent l'écran ont bien du mal à exister... William Holden, producteur à l'agonie financièrement parlant, est sur les traces de cette ancienne diva qu'il a côtoyée du temps de sa jeunesse. Va-t-elle le sauver ou serait-ce au contraire à lui de venir la sauver ? Durant la première heure, le gars William mène l'enquête quitte à y laisser des plumes : cette femme à l'éternelle jeunesse est-elle prisonnière de ceux qui cherchent à exploiter son image, sa fortune ou n'est-elle qu'un ersatz, une figure en carton-pâte qui a depuis longtemps perdu son âme, sa tête en route ? Entre l'illusion et la réalité, la frontière est forcément floue lorsque l'on a fait carrière à Hollywood.

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Holden va tomber par terre (faut po chercher Gottfried) puis tomber de haut (connaît-il vraiment celle qui fut Fedora ?) à mesure qu'il approche de la vérité. Tout ne serait finalement que mise en scène pour tenter de préserver "la belle image". Tout ne serait finalement que manipulation pour parvenir à tirer des larmes à un public en manque de catharsis... Entre la réalité et la légende, mieux vaut imprimer la légende, c'est bien connu... Une première partie sous le soleil de Grèce qui a quelque chose de résolument "aveuglant" - il faut se méfier des apparences - et une seconde beaucoup plus noire comme si l'on rentrait dans le monde beaucoup plus malsain et vicieux des coulisses, dans ce qui se trame en cachette dans les recoins des studios... Dans le cinoche, tout n'est qu'illusion et Wilder rend un ultime hommage à ce septième art et à ses stars légendaires qui savent se jouer le cas échéant du leur public pour rester éternelles. Un Wilder lumineux et sombre qui tient son rang en cette de fin de filmo qui déroule.

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