la-chasse-de-thomas-vinterberg-10694867eitkbOn dirait bien que Thomas Vinterberg se cherche depuis l'amusant Festen qu'il réalisât à ses débuts ; eh bien, ce n'est pas avec La Chasse qu'il se trouvera. Cousu du fil blanc dont on fait les cordes à boeufs, effroyablement bien-pensant, terrorisé par son sujet, le gars semble avoir perdu toute l'insolence qui le guidait alors, et livre le film le plus "Dossiers de l'Ecran" qu'il est possible de réaliser.

Lucas (Mikkelsen, enlaidi au possible mais pas mal), éducateur, est un jour accusé d'attouchements par une fillette dont il a la garde. On le sait pourtant dès le départ (et c'est une des grosses erreurs du film) : il est innocent. Dès les premières secondes, on sent toutes les étapes par lesquelles il va falloir en passer, et on dirait que Vinterberg coche toutes les cases une par une au fur et à mesure. La bagarre avec le père de la gamine ? OK. La suspicion des voisins ? C'est fait. La fiancée qui doute ? Done. La grande soirée où le gars va faire face à la comunauté ? Vas-y, coche. Au départ, on compte sur Vinterberg pour nous amener un peu de surprise dans ce chemin tracé comme une piste d'aéroport : un revirement qui montrerait que Lucas est finalement coupable ? Une chasse à l'homme façon Fleischmann, que semble annoncer le titre ? Foin. Tout est strictement à sa place, on a exactement tout ce qu'on attend au moment où on l'attend. Et c'est effroyablement poussif, banal et académique. Certes, les acteurs sont plutôt pas mal ; certes, les élèves de collège à qui on projetera ce film concerné auront de quoi rédiger leur devoir sur "doit-on croire les enfants à tout prix ?" (un indice : non) ou "est-ce facile d'être accusé de pédophilie alors qu'on a rien fait ?" (nan plus). Mais du côté de ce qu'on peut attendre de Vinterberg (du soufre, de la provocation, de l'acide, du cinéma), on restera gravement sur sa faim. Un film sans couilles, osons le mot. Nul.

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