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1972 année de la lose et je sais de quoi je parle, et Huston de nous dresser le portrait d’un serial loser alcoolique d’un pathétisme parfait. Stacy Keach a la gueule de travers, sûrement d’avoir pris trop de gnons durant sa carrière de boxeur, sûrement de s’être pris trop de caniveau dans la tête après une bonne biture… Mais notre gars n’a pas fini d’en vouloir et il tente de remonter la pente en allant glaner des oignons ou des noix (sympathique petit boulot saisonnier à la con), en s’acoquinant avec une poivrotte finie (cela lui permet  d’acquérir, d’une certaine façon, le sens des responsabilités), en tentant de motiver un petit jeunot pour qu’il entame une carrière de boxeur (Jeff Bridges plus jeune que jamais), voire en remontant sur le ring pour un come-back inattendu…  Ambiance de salle de sport qui sent la sueur et les désillusions, ambiance de café glauquissime qui sent l’alcool vomi et l’urine, ambiance d’appartement miteux qui sent la cuisson des steaks et des petits pois. Huston n’est pas du genre à chercher à nous émerveiller avec le grand rêve américain… Si l’on ne se fait guère d’illusions sur un Stacy qui semble avoir bien du mal, au moindre coup dur, à oublier son attirance pour la dive bouteille, on espère que l’athlétique Jeff, sain comme une truite de rivière,  sera capable de venger la carrière foiré du Stacy… Jeff domine outrageusement son premier combat avant de se prendre un pain qui lui explose la face… Ça ne part pas en effet sur les meilleures bases pour être en route pour la gloire…

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On est dans le réalisme à l’état brut, ce bon vieux cinéma des seventies à l’image granuleuse, ce cinoche avant l’invention du shampooing (allo ?) où tous les personnages semblaient avoir les cheveux gras, un cinéma qui nous rappelle que la  vie n’est pas forcément glamour…  Stacy est un fighter qui  tente de se battre, de donner le change, d’y croire mais il semblerait qu’à chaque fois qu’il donne un coup, la vie se charge de lui rendre la monnaie de sa pièce (la pochtronne qu’il tente de sortir du caniveau alors qu’elle aime à s’y vautrer, le milieu de la boxe où il faut tout donner (son combat contre Sexto Rodriguez himself… malade lui-même) pour lequel il reçoit des clopinettes…). Quant au gars Jeff, on se dit que ce mariage prématuré ou ces combats où il se fait rapidement sonner d’un sec uppercut ne sont pas forcément de meilleure augure pour le reste de sa carrière/vie… Vous cherchez une success story, prenez une autre route. Huston nous tricote une magnifique failed story de derrière les fagots qui nous rendrait la vie presque plus attachante… Vintage, brut, du Huston de très bon calibre.

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Huston ? Non mais allô Huston, c'est ici