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C’est vrai que The Hanging Tree est un ton en-dessous des trois fabuleux westerns vus précédemment même s’il part sur de bonnes bases : un Gary Cooper au passé trouble qui, sous un tempérament irascible et dominateur, se révèle à ses heures un véritable humaniste (il est docteur et ne cesse de faire du pro bono avec les familles pauvres) ; on sent qu’il ne faut pas trop titiller le bonhomme avec des questions sur le sexe féminin, tout comme il vaut mieux éviter de lui parler de « burning house » - la meilleure façon de se récolter un pruneau : je vous l’ai dit, le gars cache un lourd passé avec des histoires cheloues, un passé qui sera ensuite en partie dévoilé… Cooper se fait volontiers maître chanteur pour se gagner un assistant (un type qu’il récupère blessé : le jeune gars a commis un vol et s’est fait canarder) et l’on se demande comment les deux hommes qui ont la tête près du stetson vont parvenir à ne pas s’entretuer… Une ambiance au début relativement tendu dans ce petit village où chacun espère trouver le filon d’or qui le rendra richissime, Daves nous gâtant tout particulièrement au niveau de la galerie de personnages : un prédicateur dont les grandes paluches semblent plus faites pour étrangler que pour soigner, un certain Frenchy (Excellent Karl Malden tout fou fou) moustachu aussi sûr qu’un coffre-fort en bambou, un joueur de poker barbu comme un imam au regard torve… C’est au milieu de ces étranges individus qu’évolue le Gary, un Gary joueur à ses heures et de bonne composition tant qu’aucune allusion n’est faite aux dix dernières années de sa vie… Jusque-là tout va relativement bien.

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L’arrivée de cette « étrangère » - une jeune femme suisse (Maria Schell) trouvée mourante dans le désert après que sa carriole a été attaquée - va avoir un peu tendance à ramollir le récit (avouons-le)… Cooper et son assistant sont aux petits soins pour s’occuper de la donzelle qui a apparemment perdu la vue dans l’affaire. Toute personne qui tente de s’immiscer auprès de la lady se voit envoyer paître, Cooper veillant sur elle comme une poule sur ses œufs… Cooper joue les sages (on ne peut garder les yeux fermés toute sa vie, dit-il à la dame sur la voie de la guérison, comme s’il traduisait par ces mots une désagréable expérience), joue les charmeurs (il prend la donzelle sous son aile et dans ses bras), puis les types au cœur dur (Bon, ma ptite dame, va falloir y aller maintenant et rentrer gentiment en suisse…). Oui, les gars au passé trouble ont des comportements un peu imprévisibles… Il faut du temps pour détruire leur putain de carapace… Mais à force de patience et de sacrifice, on peut sauver (double sens) le type : aucun individu n’est condamné sentimentalement… Sauf s’il a la soif de l’or qui rend, lui, définitivement aveugle.

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Malgré de jolis coups de sang au cours du récit (les colères de Cooper, l’attaque de la carriole, la ville mise à feu par des chercheurs d’or enfiévrés…), Daves ne peut malheureusement s’empêcher de tomber dans le mélo un tantinet prévisible… La relation Cooper /   Schell est un peu molle, manque de passion et il faut vraiment attendre la toute fin pour voir poindre un soupçon d’émotion dans le regard de chacun. Plus réussie est la façon dont Daves filme ces séquences paroxystiques : Cooper, avançant pour ne pas dire fonçant sur une proie, accompagné par un magnifique travelling,  les surprenants gros plans (sur les chevaux, leur pattes, des éléments de la carriole) au début de l’attaque d’icelle qui dynamise à mort la séquence, les subtiles envolées de caméra ou les légers travellings qui viennent constamment souligner une action… Cela reste du beau boulot techniquement. Il manque en effet sans doute un poil de sève dans cet opus pour le rendre aussi attachant que les tout meilleurs Daves.

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