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Et si les plus grands westerns étaient les westerns d'attente ? A coup sûr Daves a sa place parmi les grands du western et nous livre avec cette première version de 3:10 to Yuma (le remake, 50 years later est ) une oeuvre palpitante de bout en bout. Daves, une fois n'est pas coutume, prend le temps de nous présenter son méchant et lui donne même l'occasion d'avoir un flirt poussé (Felicia Farr, hmmm) : séquence filmée à fleur de peau - magnifiques gros plans - qui tend à nous montrer que l'ami Glenn Ford, s'il peut être un terrible tueur du sang froid (dans la séquence d'ouverture), peut se montrer tout autant charmeur et surtout beau parleur. Le Glenn est une belle ordure mais avec un ptit coeur qui bat... et un sourire méphistophélique... Il y a une séquence que je trouve terriblement indécente là-dedans (ohoh) et absolument fabuleuse : nos deux personnages s'embrassent, ok, on passe à une autre séquence, et quand on les retrouve, ils reviennent l'air de rien dans le saloon, sans se regarder et la Felicia de juste tapoter sa coiffure ; on comprend qu'ils viennent de baiser comme des bêtes, tout est dit de façon horriblement pudique... Miraculeux.

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Ce premier tête-à-tête nous prépare bien sûr au second entre Van Heflin (qui est donc le bon de l'affaire) et notre Glenn : non, il n'y aura aucune tentative sexuelle de celui-ci sur celui-là (bien que Van caresse plusieurs fois son canon scié de façon assez suggestive, mais ne voyons pas le mal partout...) mais la même tentative de charme sera à l'oeuvre ; Glenn teste le Van sous tous les angles (...) : s'il tente de s'échapper, Van va-t-il oser tirer (non trop humaniste et épris de justice), s'il tente de l'acheter va-t-il céder (Van est sans le sou pour faire vivre sa femme et ses deux gosses, il en chie autant pour avoir de l'eau que Jean de Florette, l'autre parle de somme de plus en plus astronomique... Van sue comme un porc mais ne rompt point), s'il la joue sur l'émotion va-t-il craquer (une femme si aimante qui est devenue si chétive... obligée de trimer comme un Chinois pour joindre les deux b... ROOOOOOH shut up...) ? Ce petit jeu du chat et de la souris en huis-clos apporte à chaque nouvelle séquence sa part de tension - pas besoin de coups de feu dans tous les sens (l'ombre du fusil de Van sur le corps de Glenn, comme si ce dernier était celui qui tenait vraiment l'autre "en joue", comme si ses mots étaient finalement plus dangereux que n'importe quelle arme... magique) pour faire monter la pression (J'ai pas vu le dernier Tarantino encore, ne me cherchez pas sur ce terrain ehehe...).

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Le reste est tout autant meuh-meuh : la tripotée d'hommes de Glenn accoudés au comptoir et la jeune Felicia qui travellinguement sert les verres un à un, dans un sens, puis dans un autre, calmement, les cinq vieux de la vieilles recrutés pour faire face aux hommes de Glenn, également accoudés au comptoir, qui semblent aussi sereins qu'un supporter de l'équipe de France de rugby avant le match (au mieux le nul, ce qui veut dire qu'on sera morts vu qu'ils sont 8... Mouais laisse tomber, je préfère finalement rentrer chez bobonne), le bon vieux repas familial chez Van avec Glenn en invité de déshonneur et le Van pépère qui gagne ses galons de héros aux yeux des siens, les quelques plans "aériens" sur des hommes à chevaux ou sur une carriole lorsque Daves nous donne l'occasion de respirer avec des séquences en extérieur, enfin la séquence finale où le Van et le Glenn tendus comme des slips en cuir de vachette se rendent enfin dans cette putain de gare à l'heure susdite... Chaque plan est intelligemment pensé, le duo Van/Ford fonctionne à merveille et le suspense est infernal tout au long de la seconde partie du film... jusqu'au climax dans la fumée de la loco... Bref comme une envie de se plonger dans l'intégral de Daves, Delmer.

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