vlcsnap-2013-03-10-14h14m48s148

Walter Pidgeon est raide comme la justice (dans les douze sens du terme) dans ce pâle film noir qui a d'ailleurs surtout des allures de film de procès. La loi peut faire des erreurs mais la Justice jamais... Il va s'agir pour le film de vous le démontrer... De façon lourde, trop lourde, jusqu'à l'excès. On comprend bien que notre ami Walter soit épris de justice et qu'il préfèrerait se faire hara-kiri plutôt que de plaisanter sur cette valeur sacrée. Il en faut des Walter... Mais il va quand même pousser le bouchon très loin dès lors qu'il s'agit de ne pas avoir mauvaise conscience par rapport à ses "principes"... Le scénar avait pourtant en soi quelque chose de truculent : un homme met ses tripes sur la table pour défendre un petit marlou accusé d'un crime... qu'il a commis. Il gagne. Notre homme se rend compte qu'il s'est fait méchamment balader. Cela ne l'empêchera pas de re-signer pour défendre ce même marlou pour un crime qu'il sait ne pas avoir commis (et pour cause). Et cette fois-ci, il perd... Il y a là quelque chose de gentiment absurde... Autant se faire justice soi-même, hein ? Oui, mais tu ne tueras point, a dit la Bible. Bon ce n'est jamais que la Bible, hein, tu peux toujours essayer de tuer... Oui, mais attention au retour de bâton (Aaaah la justice divine alors... ?).

vlcsnap-2013-03-10-14h15m57s82

Avec un soupçon d'ironie et de finesse, l'oeuvre aurait pu posséder un petit côté vertigineux et mordant. Le problème de Thorpe et de son personnage principal, c'est que la mise en scène de l'un est comme le jeu de l'autre : pleine de morgue, de sérieux, de "rigor"... mortis. En plus, Thorpe n'est pas à une ou deux invraisemblances près (Walter assassin ? Ouais et sa femme en patronne de maison close, bien sûr...) pour tenter de faire passer en force sa "démonstration". On pensait pourtant qu'il y avait de quoi faire décoller l'histoire ici ou là, mais l'idée de faire passer avant tout une morale est tellement forte qu'elle écrase tout sous son poids. Peu de chance, à partir de là, est laissée au spectateur pour qu'il puisse sortir de sa... torpeur devant cette oeuvre amidonnée. On atteint un peu les fonds d'armoire dans notre cycle.

vlcsnap-2013-03-10-14h14m38s40