The wicker Man (1973) de Robin Hardy
Atmosphère des plus étranges sur cette petite île écossaise : elle plonge dans le désarroi un flic catho venu enquêter sur la disparition d'une jeune fille. Notre homme pratiquant ne sait rapidement que penser des diverses coutumes sexuello-païennes de cette petit communauté : fille d'aubergiste qui passe de main en main en se faisant pelotter les fesses dans une ambiance rigolarde, petit jardin dans lequel la nuit des couples baisent comme des lapins, éducation pour jeune fille et garçon qui semble souvent tourner autour du cul, notre homme simplement étonné au départ devient vite effaré. Il se rend compte en plus que tout le monde lui ment sur la petite fille (ah non connaît po...) mais finit tout de même par trouver après des recherches obstinées sa tombe... seulement dans le cercueil qu'il fait exhumer, gît un gros lièvre... Est-ce que l'on se fout délibérément de sa gueule, est-ce que tout cela n'est qu'une immense mascarade, une géniale mise-en-scène pour se moquer de ce flic du continent, ou est-ce que les rites sacrés de cette île hors du mode sont plus forts que tout ?
La réussite de l'ensemble - réalisé sans grands moyens apparemment dans un esprit très seventies - vient que l'on est souvent aussi décontenancé que notre bon flic : est-il passé de l'autre côté du miroir dans un monde magique ou bon enfant pas très catholique, ou s'agit-il d'un monde plus dangereux qu'il en a l'air... Tout le fantastique et le trouble viennent de là, du fait que, jusqu'au bout, l'on ne sait pas vraiment sur quel pied danser... Le final valant qui plus est son poids de cacahuètes au niveau des surprises et des retournements de situation... Une fin d'ailleurs durant laquelle on découvre une étrange procession de personnages carnavalesques déguisés en animaux : plutôt que de penser à un Lynch fauché, je n'ai pu m'empêcher de me rappeler... (attention roulement de tambour dans ce blog) à un vieux Mocky (!) plus "attachant" qu'il n'y paraît (bien qu'il s'agisse d'un oxymore) : Litan - certes cela fait des plombes que j'ai vu ce film, mais je garde toujours en tête (arrière Satan...) les images d'une procession dans la brume ainsi que de cette obsédante mélodie que jouait cet orchestre ambulant... Mouais, la mémoire cinéphile est parfois étrange, j'en conviens... Je n'irais pas jusqu'à dire que ce Wicker Man enchaîne les scènes fortes et inoubliables, loin de là, mais une fois l'oeuvre achevée, difficile de ne pas reconnaître que l'on vient de voir un véritable OVNI dans le genre, sûrement plus marquant que l'on oserait l'avouer au premier abord, comme si cette oeuvre avait fini par refermer son piège autant sur le flic que sur la mémoire "impressionnable" du spectateur. Troublant, parfaitement.
Commentaires sur The wicker Man (1973) de Robin Hardy
- Oui, le pire c'est que tu as raison, on avait dû se mater la chose en même temps lors d'un ciné-club à une époque où nous nous connaissions point (vers la fin du XIXème environ). Il ne me reste vraiment que des bribes de ce film mais je me rappelle que je ne m'étais couché à l'époque l'esprit guère tranquille... Il m'arrive encore d'ailleurs de siffloter l'étrange ritournelle du bazar... signé apparemment Nino Ferrer. Bon, une odyssée Mocky !? là je sens que tu t'emballes eheh... déjà un film en entier, ça me paraît beau. Mais pourquoi pas ce Litan en effet.









