18707392Quand un film est mauvais, au moins on peut le discuter. Mais Les Ambitieux n'est pas mauvais, il est médiocre, ce qui est pire et coupe toute critique. Se cachant sous le facile prétexte de la comédie, et donc de la caricature, Corsini nous sert une galerie de personnages tous moins crédibles les uns que les autres, et réalise une bouillie d'une laideur invraisemblable autour du milieu de l'édition, de l'inspiration littéraire et des sentiments naissants. On dirait qu'à chaque choix de mise en scène à opérer, elle choisit systématiquement la plus mauvaise, la plus nulle. Sans aucun glamour, sans aucun charme, sans même aucun humour (où peut-on rire là-dedans ?), elle réalise finalement une comédie française typique : ça louche sur les screwball comédies américaines, ça mise sur les couples mal assortis qui s'aiment in extremis, ça flirte même avec la critique sociale (d'une timidité et d'un consensuel qui vire au poujadisme (éditeurs = salauds, gens de la télé = baiseurs aux dents longues, écrivain = naïf de province)), et ça n'aboutit qu'à un téléfilm sans signature, sans idée et sans direction d'acteurs. On va de consternation en affliction devant la platitude des idées et des dialogues, on voit à chaque fois où n'importe quel amateur aurait pu placer sa caméra pour sauver les meubles et on constate que la caméra de Corsini est de l'autre côté, et on soupire devant les clichés crétins de la chose : on voit quand même une éditrice capable de sortir une énormité comme : "Ben pourquoi tu te documentes ? C'est pas un roman que tu écris ?", ce qui prouve que Corsini a certainement beaucoup fréquenté le milieu (et beaucoup lu de livres, entre parenthèses). C'est en plus joué au rabais et mis en musique par un type fan de musiques d'ascenseur engagé parce que les droits de Philip Glass devaient pas être libres. Affreux affreux.