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Voilà une petite chose agréable, et qui traite qui plus est d'un sujet peu vu au cinéma : l'apparition de la Vierge en public, et par extension la vie familiale et privée de Namir Abdel Messeeh, jeune cinéaste débutant qui voudrait bien faire un Speilberg et qui finit avec un film amateur sur sa mère. Au départ donc, une volonté d'enquêter sur les apparitions de la Madone en Egypte, le gars ne cachant pas son scepticisme et se servant du cinéma pour prouver que ces miracles sont du flan. Il part donc en Egypte pour interroger les témoins, et par la bande pour retrouver un peu la trace de ses racines familiales (le milieu des chrétiens égyptiens). Très vite, devant le manque de moyens et de matériau tangible, son film ambitieux va se transformer en portrait de son clan familial, qui va ensuite accepter de se livrer à une reconstitution dantesque de la venue de la Vierge...

la_vierge_les_coptes_et_moi_photo_5___oweda_film_05C'est l'échec de l'entreprise qui fait tout le sel comique de ce film : les conversations de plus en plus tendues avec le producteur, les engueulades avec la mère (personnage haut en couleurs qui va proprement prendre le film en main), les images minables que le gars obtient quand il interroge les Egyptiens sur le miracle,... Au fur et à mesure que le projet s'enfonce, on se marre de plus en plus, et on apprécie finalement le bonheur de la dernière demi-heure, où à partir de ce naufrage, Messeeh parvient à un film plus beau que celui prévu : rassembler sa famille et ses voisins autour de son projet, les faire participer au tournage, bricoler avec deux-trois trucages de base une apparition miraculeuse de Marie. A l'instar d'un Gondry, le film milite pour l'importance de la communauté, pour la beauté de l'entraide. Le fait que cette entraide, que cette solidarité, que cette fusion vers un seul objectif, se passe sur fond de tensions religieuses (entre Coptes, Musulmans et Juifs) donne une petite patte politique bienvenue à la chose.

Vierge-les-Coptes-et-Moi-2012-4-400x225Après, c'est vrai que le film est légèrement douteux dans sa forme. Messeeh est trop à cheval entre documentaire pur et fiction, hésite sans arrêt, et finit par produire un entre-deux maladroit : les scènes sont visiblement préparées et jouées alors qu'on aurait aimé qu'elles soient prises sur le vif (quand il le fait, dans les rues du Caire, c'est vraiment très bien), le montage est un peu trop maîtrisé pour qu'on n'ait pas un doute sur la véracité de ce qu'on nous montre, et cet aspect hybride handicape le film. On se marre pourtant pas mal, et Messeeh s'avère au final meilleur dans la fiction que dans le docu : il réussit parfaitement certaines séquences, comme celle où, alors qu'on le croit abandonné de tous, il se montre faisant un footing et escorté par tout un village (une séquence très morettienne), ou comme celles où il imagine des tas de petits trucages pour réussir son petit film ésotérique. Discret, sincère et maladroit : on aime.

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