13 février 2013

La Charge de la 8ème Brigade (A distant Trumpet) (1964) de Raoul Walsh

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Après plus d’une centaine de films, Walsh tire sa révérence et ce de bien belle manière (un scénar qui n'est pas d'une originalité folle, certes, mais des prises de vue à tomber) - quoiqu'en disent certaines mauvaises langues. Les Américains livrent également leur dernière guerre indienne face à des Apaches qui finissent toujours par se réfugier derrière la frontière mexicaine ; est-ce bien la peine de sacrifier encore des hommes pour voler dans les plumes de ces Apaches ? Ne serait-il pas plus utile de la jouer amicale ?... Walsh nous la joue grande bataille spectaculaire et calumet de la paix, reste ensuite simplement à savoir lesquels, des Ricains ou des Indiens, sont les plus fourbes… ?

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J’avoue que je me suis régalé de bout en bout, qu’il s’agisse de cette mise en scène grandiose des deux armées partant sur le champ de bataille (montage alterné avec pour chaque camp sa propre musique)  - chaque cadre est franchement magnifique (avec ces pans de ciel qui rentrent dans l’image de façon fordienne), chaque cheval semble avoir été dressé au millimètre pour garder la tête haute ou faire chuter son cavalier (j’aime beaucoup les chevaux, et les lasagnes aussi, mais ce n’est pas le débat d’aujourd’hui), chaque Indien parle dans sa propre langue et c'est pas rien… - ou qu’il soit question de problèmes plus intimes : notre héros, soldat fait pour la solitude et le sacrifice au nom de son pays, se retrouve bêtement entre deux femmes ; d’un côté, celle de son supérieur, femme à la fois sensuelle et sage, dangereuse et rassurante. De l’autre, son amie, véritable poupée Barbie psycho-rigide (on a envie de tirer sur ses cheveux blond platine pour voir jusqu’où ils vont - c’est dire), jalouse comme une tanche (bien qu’il y ait peu d’étude sur ce curieux poisson). Toute la question est de voir jusqu’à quel point notre héros sera capable de rentrer dans le moule : doit-il sacrifier son sens de l’honneur pour servir son pays, doit-il sacrifier sa libido pour vivre comme un bon Ken puritain avec « Barbie et sa Vie Fantastique à deux balles » ? Je pose simplement les questions.

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Les deux heures du film passent comme une flèche (certes, Donahue n'est pas l'acteur le plus expressif de sa génération... Heureusement, il est secondé par Michel Cardoze (James Gregory) qui parle latin mieux que ma cuisine et insuffle un peu de subtilité à l'ensemble), Walsh pimente son récit avec une pointe de gaudriole (le passage obligé des carrioles de putes dans cette caserne aux allures buzzatiennes), d’humour (la pute n’est pas la dernière au concours de taloches) et…  de tortures chafouines (l’Indien est fort en étranglement mais également dans la mise à mort subtile : vous enterrez les parents jusqu’à la tête comme le font les enfants sur une plage, vous faîtes mine de partir, vous les placez à proximité d’une colonie de fourmis - le gros problème, c’est que vous n’avez pas fait mine de partir, pour laisser vos victimes se faire bouffer la cervelle par de vicieuses ptites fourmis rouges)… Bref les Apaches ne sont pas des saints mais on n’en attendait pas moins d’eux en période de guerre. Les Ricains leur rendent coup pour coup sur le champ de bataille, normal - deux stratégies napoléoniennes (au moins…) s’affrontent et ça charcle sa mère. On tente ensuite d’apaiser la situation, de trouver un terrain d’entente, reste à savoir celui qui ne respectera point la parole donnée… A ce petit jeu-là, shame on… Walsh, malgré toutes les turpitudes de son histoire, parvient à nous laisser sur une note positive et l’on loue le saint homme de nous avoir donné un western aussi ouaaaaaaahhhh. Je n’ai pas d’adjectifs plus forts. J’entends encore les trompettes…

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Walsh et gros mythe : cliquez

Posté par Shangols à 08:11 - - Commentaires [14] - Permalien [#]



Commentaires sur La Charge de la 8ème Brigade (A distant Trumpet) (1964) de Raoul Walsh

    Une sortie par la grande porte du Tonton Raoul avec ce western mené tambour battant, au scope du tonnerre et aux Indiens aussi redoutables qu'une cargaison de dynamite. Subodorerais-je le début d'une odyssée walshienne ?

    Posté par Giuseppe, 13 février 2013 à 09:56 | | Répondre
  • Je suis content Giuseppe que vous soyez d'accord avec moi. Après avoir rédigé cette chronique, j'ai lu quelques avis divers bien souvent assez froids (d'où ma remarque quelque peu laconique dans la première phrase), genre "le gars en avait plus sous la pédale"... Diantre, on a dû depuis changer les tailles de pédale (oui, bon) pour oser une telle remarque. L'odyssée walshienne est forcément tentante, ce sont les 128 films (même si une bonne poignée doivent avoir disparu) de sa filmo qui m'inquiètent... Bon après Ford, avec l'ami Gols, je sais que rien n'est impossible, mais cela va encore demander des recherches poussées eheh... Mais bon, on aime les challenges...

    Posté par Shangols, 13 février 2013 à 13:22 | | Répondre
  • Moi, j'dis : allez.

    Posté par Gols, 13 février 2013 à 13:27 | | Répondre
  • Ok je m'y colle, d'autant qu'il y a quand même beaucoup de pertes au début...

    Posté par Shangols, 13 février 2013 à 14:04 | | Répondre
  • Vi. Moi aussi je dis allez -y!
    Passk' il lui en fallait quand même sacrément sous la pédale à Vieux-Bandeau pour nous agiter le Troy et la Barbie-doll. Et quels plans, 20 dieux ! Quels plans !
    (quand même mieux que Lincoln, non? Ou que There will be blood...)
    Non non, pas taper, pas taper ...

    Posté par Mitch Brenner, 13 février 2013 à 15:38 | | Répondre
  • Ah et j'oubliais cette musique démente et pouettante géniale du vieux Max... ça ressemble parfois à "Tiens voilà du boudin!"... J'A-DORE !!!!

    Posté par Mitch Brenner, 13 février 2013 à 15:39 | | Répondre
  • Ben déjà dans la période muette y en a pas des masses qu'on peut voir (4 ou 5 tout au plus) donc ça vous facilite la tâche de ce côté-là.
    Ensuite, un petit topo perso pour vous aiguiller: les chefs-d’œuvre absolus c'est Gentleman Jim, La Vallée de la Peur et L'Enfer est à lui, mais vous avez sûrement dû les voir.
    Les (très) grands films: Au Service de la Gloire, Sadie Thompson, Les Faubourgs de New York, Les Fantastiques Années 20, La Grande Evasion, La Charge Fantastique, Saboteur sans Gloire, Aventures en Birmanie, La Fille du Désert, Victime du Destin (si, si), L'Esclave Libre et La Charge de la 8ème Brigade (si, si).
    Les (très) bons films: Regeneration, Le Voleur de Bagdad, La Piste des Géants, The Man I Love, Cheyenne, La Rivière d'Argent, La Femme à Abattre, Capitaine sans Peur, Les Aventures du Capitaine Wyatt, Le Monde lui appartient, Barbe-Noire le Pirate, Bataille sans merci et La Brigade Héroïque.
    Du sympa au passable: Une Femme Dangereuse, The Strawberry Blonde, L'Entraîneuse Fatale, Sa Dernière Course, La Belle Espionne, Le Cri de la Victoire, Les Implacables, Les Nus et les Morts et Esther et le Roi.
    Le reste pas vu. Mais si ça peut déjà vous donner une idée...

    Posté par Giuseppe, 13 février 2013 à 17:09 | | Répondre
  • I ove The Man I love ! Lupino sublime. Et des dialogues superbes, aigus, percutants, et tout.
    Et Sadie Thompson, je l'adore aussi. Sublime. Walsh y fait aussi l'acteur.
    Je l'ai vu, y a longtemps, en compagnie de Gloria Swanson dans le siège juste derrière moi... Je vous en bouche un coin, j'espère? Elle faisait des commentaires à voix haute et, bien sûr, tout le monde, en redemandait.

    Posté par Mitch Brenner, 13 février 2013 à 22:15 | | Répondre
  • Ajouter dans le passable sympa: Le Revanche de Mamie Stover. Existe en dvd.

    Posté par Mitch Brenner, 13 février 2013 à 22:18 | | Répondre
  • Quel prestige Mitch ! C'est quand même autre chose que l'option commentaires du DVD ça.
    On est bien d'accord pour The Man I Love, très beau mélo avec l'éternelle Ida. D'ailleurs ce film démontre de la plus noble des façons que le grand Raoul savait aussi bien faire des films d'hommes, virils et tout, que des films de femmes, des vrais de vrais.
    Walsh c'est comme le cochon, tout est bon.

    Posté par Giuseppe, 14 février 2013 à 00:09 | | Répondre
  • "...autre chose que l'option commentaires du DVD" , Ah elle est trop drôle Giuseppe ! Elle me fait encore rigoler en écrivant ces lignes...
    Je repensais à La Belle espionne : le Technicolor flambant vaut déjà le détour à lui tout seul non ?

    Posté par Mitch Brenner, 14 février 2013 à 00:29 | | Répondre
  • Sabotage à Berlin.
    Des scènes de nuit magistrales avec fusées éclairantes et sifflantes.
    Je le place dans les grands, juste un (petit) cran en-dessous Objective Burma.

    Posté par Mitch Brenner, 14 février 2013 à 00:38 | | Répondre
  • La Charge fantastique.
    D'accord... Custer...
    Mais on s'en fout.

    Posté par Mitch Brenner, 14 février 2013 à 00:42 | | Répondre
  • J'arrête.

    Posté par Mitch Brenner, 14 février 2013 à 00:42 | | Répondre
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