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Dur d’être en exil pour le pauvre Max Opuls (sic) qui pour la peine change de nom au générique. Film de capes et d’épées, œuvre historique (l’exil de Charles Stuart en Hollande peu après le milieu du XVIIème siècle), romance anglo-hollandaise, comédie, The Exile c’est un peu un patchwork de tout cela, un patchwork d’ailleurs relativement réussi dans l'ensemble malgré ce mélange de genres. Ophüls n’a jamais été un manchot ou un feignant au niveau de la mise en scène et on sent bien que le bougre ne va s’épargner aucun joli plan coulé pour nous plonger dans l’ivresse de l’action. Faut dire que ces sets de décors sont assez incroyables (de ce marché sur les quais à ces moulins perdus dans les marais) et Ophüls va en utiliser les moindres recoins (Il est où le Douglas Fairbanks Jr ? Il est passé par là, puis repasse par là, puis reviendra… Cela s’appelle des feintes pour tromper l’ennemi… avec économie de décors). De plus, notre ami cinéaste est toujours à l’affût d’une petite trouvaille visuelle (personnages discutant, chacun ayant un miroir disposé devant soi : durant le champ / contre-champ, on voit constamment les deux visages parlant et réagissant (Douglas semble un adepte de la grimace) aux paroles de l’autre  ; l’ombre de Douglas en fuite échangeant avec la fermière hollandaise alors qu’une véritable armée a investi l’auberge ; panoramique à 360 degrés sur les décors montrant que tout le pays a été alerté sur la fuite de Charles Stuart…), trouvaille visuelle qui donne forcément du cachet à cette œuvre très plaisante dans le déroulé.

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Douglas Fairbanks Jr (qui écrit et produit, rien de moins) tente de marcher dans les pas de son père : joli cœur à la fine moustache qui réalise ses cascades en roulant des mécaniques et en faisant de petits sauts chaloupés de la vieille école. Le type a forcément tout pour lui (le rang, l’honneur, le pouvoir de séduction…) et réussit tout ce qu’il entreprend (un exil sans le sou relativement à la coule puisqu’il le passe en roucoulant auprès d’une fraîche hollandaise avant un retour en grâce qui ne va pas sans choix crucial...). Le film bénéficie de quelques effets comiques sympathiques (cet acteur fauché qui se fait passer pour le roi et finit par tomber sur un bec), de jolies séquences d’action (Douglas se la joue à la Bébel avant l’heure en se pendant aux pals du moulin), de scènes de frisson (ce véritable ange de la mort envoyé pour détruire le Douglas : tronche et costume au diapason) et d’un soupçon de glamour bienvenu (la vamp Maria Montez est particulièrement affriolante notamment quand elle prend sa douche dans ce bizarre sabot en ferraille (local et vintage, tenterais-je) ; elle est aussi très gentlewoman en sachant s’effacer quand il le faut et laisser volontiers la place à l’élue du cœur du Douglas, the tulipe girl ; notre Hollandaise, justement, porte pour sa part des corsages très seyants pour ses rondeurs et personne n’a l’air de s’en plaindre sur le plateau). Bref, on passe avec cet opus d’ « Opuls » (d’autres films suivront sous ce « pseudo ») un excellent moment montrant une nouvelle fois que chez le Max, quel que soit le genre, la forme n’est jamais négligée, au contraire. Belle découverte et vrai petit plaisir en vrai fan du cinéaste.

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Un max de Max