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Sympathique, ce petit film d'horreur. Rien de transcendant, mais ce Renpei Tsukamoto a indéniablement le sens du cadre et du tempo, et finalement son film surpasse l'opus originel, pourtant réalisé par Takashi Miike. C'est surtout dans la première partie, quand les chiens ne sont pas encore lâchés, que c'est le meilleur : discrètement, Tsukamoto fait monter le suspense par son seul sens du rythme et de l'arrière-plan. C'est pas grand-chose : du linge étendu qui bouge légèrement, une ombre qui se déplace, un figurant un peu trop figé, et l'inquiétude pointe, alors que rien n'est vraiment effrayant. De même pour la longueur des plans : il suffit qu'il étire légèrement trop un plan, qu'il ne coupe pas au bon moment, pour qu'immédiatement le regard cherche dans l'écran ce qui cloche, où est le danger ; la plupart du temps, il n'y a rien qui cloche, il n'y a rien de dangereux, mais ce léger mal à l'aise est très efficace.

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Ensuite, dès que le film devient de l'horreur, on est en terrain beaucoup plus balisé. Certes, il connaît les recettes et les applique sans souci, parvenant avec son cortège de fillettes-monstres et de morts malsaines à déclencher parfois un frisson magnanime. Le réalisateur sait même éviter les "bouh" qui font sauter bêtement dans le fauteuil ou les silhouettes bizarres qui passent en avant-plan (il y en a, mais avec modération), pour se concentrer plutôt sur les ambiances, c'est tout à son honneur. Mais l'indigence du scénario (on ne comprend que dalle à toute la dernière partie, complètement illisible au niveau des décors et des motivations des personnages) ensevelit les quelques maigres idées de mise en scène du début : ce qui aurait pu être le film d'un honnête élève de Kiyoshi Kurosawa devient un produit formaté pas vraiment flippant, qui reprend les éternelles vieilles formules éternelles ; voire qui frôle le plagiat pur et simple avec ce fantôme qui sort d'un puits, copié-collé de Ring. Le coup de théâtre final, improbable et assez consternant, nous plonge dans le désarroi. On ne retiendra de ce film que l'intéressante façon de filmer le quotidien avant qu'il ne se transforme en horreur ; en gros, Tsukamoto sait filmer dans le genre tout ce qui désintéresse ses collègues : les scènes entre les scènes d'horreur. C'est déjà notable.