Femme infidèleSi Philippe Vilain est payé au cliché, il doit être riche à l'heure qu'il est. La Femme infidèle force le respect par son côté catalogue le plus éculé des a priori masculins sur la constance féminine. On pensait ce genre de ringardisme en désuétude depuis, disons, les années 60 ; mais non : en vrai mâle d'aujourd'hui, Vilain nous confirme qu'il existe encore des vrais beaufs modernes; la seule différence est que ceux d'aujourd'hui cachent leur ego masculin derrière le vernis de la littérature, justifient leur amour pour leur pénis par une étude sérieuse des différences entre hommes et femmes. J'ai lu ce livre jusqu'au bout pour voir jusqu'où le gars allait aller dans le grand n'importe quoi. Il va très loin, jusqu'à Capri, c'est vous dire, sur les traces de ce qu'il ressent au plus profond de lui-même quand il découvre que sa femme a un amant. Chapitre après chapitre, le gars tente de mettre des mots sur son trouble, sur ses élans de jalousie, de lâcheté, de courage, de trivialité, etc. déclenchés par cette découverte. Résultat : un catalogue de pensées surfaites et attendues, qui va de la filature dans les hôtels jusqu'au bilan de couple. On est consterné de constater que non seulement, dans le fond, ça pue nettement du cul ("A la différence des hommes qui trompent pour la beauté du geste, les femmes trompent par désespoir, par ennui, pour savoir ce que leur mari éprouve en les trompant mais aussi pour ne pas perdre tout à fait le fil de leur vie", mais oui bien sûr), mais que dans la forme c'est encore pire : les dialogues sont minables, les considérations finales sur la ville clicheteuses, et Vilain échoue complètement à donner une forme autre que celle de Femme Actuelle à son pensum psy. Sa démonstration sur le fait que les femmes pensent plus au sexe que les hommes (les hommes regardent les femmes comme ça, alors qu'elles regardent les hommes en pensant au sexe, en gros) finit de nous achever. Un vrai gras texte de salle de muscu, qui sent la sueur et les hormones mâles, délicieux.