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Ceci est donc bien une pipe. Oui, bon, pour être plus clair, le réalisateur iranien est emprisonné chez lui, ronge son frein du matin au soir et on va voir comment sur 24 h cet homme de cinéma, cet homme ne pouvant vivre sans cinéma, va tenter de combler le vide. Il tente d'abord de se filmer lui-même, ouarf pas satisfaisant, puis appelle un ami qui va le suivre avec sa caméra jusqu'au soir : Panahi tente de lui lire, de mettre en scène des extraits de son scénar interdit (un décor indoor improvisé qui prend des airs de Dogville), se sent encore plus frustré, montre à son collègue de propres extraits de ses films où il tente de lui montrer toute la magie qui peut exister au moment du tournage, du jeu imprévisible d'un acteur, d'un élément du décor en accord avec la situation du personnage principale... Il tourne - de ne pouvoir tourner (olé) - dans sa cage à l'image (re-olé ? Ouarf...) de son original animal de compagnie : une sorte de lézard géant domestique (prénommé Igi, Pop pardon, lol). Le film commence à prendre une autre dimension quand, vers le soir, Panahi commence à filmer avec son téléphone portable la personne qui le filme (et youpla, un petit champ/contre champ pour la forme) ; semblant se prendre au jeu (le naturel revenant au grand galop), Panahi filme toujours avec son téléphone puis avec la caméra de son collègue un voisin rencontré par hasard dans l'ascenseur alors que son ami partait... Comme par magie (forcément), ce jeune homme qui remplace le concierge est un étudiant en Arts - comme l'héroïne du film censuré du cinéaste... Panahi se met à le suivre d'étage en étage (il ramasse les poubelles), chaque porte semblant pouvoir renfermée une histoire (on recroise ou plutôt entend un des "héros du film", un chien qui s'était immiscé dans ce (non)-film et dans l'appart de Panahi malgré lui) ; le jeune homme évoque également les difficultés qu'il rencontre pour travailler dans son domaine (comme un double de Panahi "mis en scène" - car filmé - par Panahi).

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Alors oui, bon, ceux qui s'attendent à une sorte de Midnight Express à la sauce iranienne vont être déçus. On est dans le minimaliste là (à l'iranienne justement), et ce sont toutes sortes de petits détails (Panahi s'agenouillant devant la porte fictive de son décor - alors qu'il joue le rôle de son héroïne fictive elle-même prisonnière ; Panahi se reprochant de ne pas avoir respecté les limites définies par son décor comme si cela avait plus d'importance que la réalité... Truffaldien), d'imprévus qui rendent cet objet filmique non identifié (à dessein) touchante. Panahi se fait filmer alors qu'il est dans l'incapacité de le faire et le tour de magie - comme si l'artiste était plus fort que toutes les interdictions -, c'est qu'il finit malgré tout par créer une oeuvre... filmée. Saperlipopette, le cinéma n'en finira jamais de nous surprendre... 

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