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Un bébé abandonné dans les heures sombres de l’histoire anglaise du XVIIème siècle, bébé qui deviendra une bien avenante jeune femme blonde (Linda Darnel au top de sa forme et avec de bien jolies toilettes, comme dirait ma grand-mère), celle-ci, élevée dans une ferme par des puritains, s’emmerde à cent sous de l’heure et voit d’un mauvais œil son mariage forcé avec un éleveur de porcs, elle décide alors de suivre un gentilhomme, Bruce (Cornel Wilde en mode cheveux longs...), le premier et l’amour de sa vie, et de se rendre à Londres où réside le roi… Bruce n’a pas l’air d’être vraiment accroc, préfère sa carrière à l’Ambre (il devient corsaire, bien) et cette dernière se morfond en se disant qu’elle n’est pas d’un rang assez élevé ! Eh bien il verra le coquin quand je serai la favorite du roi, il viendra me supplier à genoux le bougre ! On croit que le scénario va dérouler, c’est oublier que c’est l’Otto qui dirige.

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Dès le départ l’ambiance est très sombre - scène de nuit, pièces guère éclairées : plutôt que d’évoquer l’ascension d’une donzelle pure et dure à laquelle tout sourit, Preminger semble suivre un autre chemin ; la pauvre Ambre a beau donner tout son amour au Bruce ou encore tenter de la jouer fine au niveau de son argent, elle ira de déconvenue en déconvenue. Abandonnée (again) par son homme, elle ne tarde pas à connaître les geôles londoniennes, notre naïve héroïne se faisant filouter… Mais elle a du charme, elle sait envoûter les hommes et elle apprend vite que, le destin, souvent, il faut savoir le forcer - un soupçon d’opportunisme dans ce monde de brutes semble n’avoir jamais fait de mal à quiconque... Elle séduit à tour de bras, prend le temps d’accoucher en route du fils de Bruce, se lie à différents hommes mais semble toujours prête à abandonner sa conquête en date dès que le Bruce rapplique ! Si ça, c’est pas de l’amour, fusil ! Elle parviendra même à le guérir de la peste ce qui n’était pas une mince affaire à l’époque. Le Bruce ne devrait être qu’amour pour elle, il trouvera pourtant encore l’occasion de se défiler sous un prétexte discutable… Ambre ne baissera pas les bras, visera même toujours plus haut (le Roi Charles II (ce bon George Sanders) laissant tomber son amante pour ses beaux yeux ainsi que ses Cavalier King Charles (ohoh) - lui qui a, quasiment "par définition", popularisé la race (on en apprend des choses quand même sur Shangols…)) mais plus elle s’élève moins elle semble douée pour le bonheur… La chtite Linda, dans ce monde plombé par les hommes, fait  ainsi de son mieux pour gravir les échelons mais une sorte de malédiction semble être attachée à sa beauté... Drôle de film épique d'époque qui flirte indéniablement avec le noir… Si on ne peut qu'admirer la qualité de la reconstitution - la ville rongée par la peste, définitivement glauque -, reconnaissons toutefois que le rythme n'est en rien trépidant et que le film (si ce n'est l'impressionnant incendie) manque un peu de vrais morceaux de bravoure... Preminger montre en tout cas toute la rigueur dont il est capable quel que soit le genre. Petite pierre dans l'édifice filmographique.

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