18 janvier 2013

Quinze Jours ailleurs (Two Weeks in another Town) (1962) de Vincente Minnelli

vlcsnap-2013-01-17-23h10m23s130

Du beau monde à l'affiche (Minnelli, Krasner à la photo, Kirk Douglas, Edward G. Robinson...) pour un film qui se passe dans le milieu du cinéma - à Cinecitta qui plus est... Tout pour plaire donc... Malheureusement le scénario n'y va pas de main morte au niveau des ficelles scénaristiques et des personnages lourdement chargés : Robinson en réalisateur capricieux dont les succès sont derrière lui - dragouillant la jeune première et négligeant sa vieille peau de femme (normal a priori...) -, Douglas en acteur qui sort de dépression qui a l'occasion de faire un grand come back en venant en aide à son ex "meilleur ami et ennemi juré" (Robinson) - tombant amoureux dans les rues romaines d'une jeune fille belle comme le jour et tentant d'oublier celle qui fut le tourment de sa vie (Cyd Charisse). On savoure comme toujours chez Minnelli son art du décorum (la chambre rouge sang d'un Robinson au bout du rouleau, la chambre verte pomme d'une Cyd Charisse en éternelle tentatrice...), sa direction d'acteur (Douglas tour à tour tout enamouré et fébrile, séducteur sûr de son fait et ex-amant perdant les pédales ; Robinson, Mr Crise de nerfs, qui en a toujours sous le pied... - bon par exemple on passera rapidos sur le jeune premier, George Hamilton, mauvais comme un pied de cochon et la beauté brune à la voix plus douce qu'une pêche Daliah Lavi (joli minois, oui... et sinon ?)) ou encore les mouvements amples de sa mise en scène.

vlcsnap-2013-01-17-23h11m19s132

vlcsnap-2013-01-17-23h11m53s28

Seulement voilà, j'avoue avoir eu malgré tout toutes les peines du monde à vraiment marcher dans le bazar : Minnelli flirte parfois un peu trop dangereusement avec les clichés (le tournage à chier de Robinson, Kirk & Daliah in love s'embrassant à pleine bouche dans n'importe quelle petite via romaine plongée dans une semi-obscurité...), le scénar paraît franchement cousu de fil blanc (la décrépitude de Robinson qui, par manque d'inspiration, enchaîne les échecs, la rédemption de Kirk qui essaie de tourner la page de ses vieux démons (une amante et une réal ultra possessifs...) grâce au travail et en puisant à la source de la jeunesse (on aura même droit vers la fin à une petite cascade sous laquelle le Kirk se retrouve purifié...), les thèmes abordés ne sont pas d'une originalité folle (le cinoche est un milieu pourri où tout le monde se jalouse, ok... On préfèrera tout de même la façon dont Truffaut évoquera le sujet - avé un peu plus de finesse ; les jeunes filles en fleur sont des baumes de santé, les femmes fanées sont forcément vouées à la frustration et à l'acrimonie... bien, bien) et on sent venir souvent de loin les "rebondissements" ou les réactions, l'évolution des personnages. Même si on reste dans une évidente élégance formelle, le fond est loin de nous secouer, de nous prendre à la gorge, de nous émouvoir. Un Minnelli de bien belle facture auquel il manque à mes yeux une réelle étincelle.

vlcsnap-2013-01-17-23h12m33s157

Posté par Shangols à 08:32 - - Commentaires [4] - Permalien [#]



Commentaires sur Quinze Jours ailleurs (Two Weeks in another Town) (1962) de Vincente Minnelli

    Il est magnifique ce film. Certes, pas aussi essentiel que le sublime LES ENSORCELES, mais très beau quand même. Et puis, il est touchant ce discours autour de ce que Minnelli lui-même, à cette époque-là, est en train de vivre: à savoir la mutation des studios. Il le fait avec pudeur et de magnifiques plans plein de panache... Même s'il sait que c'est la fin.
    L'étincelle,, elle y est. Et justement elle se trouve dans ce propos en creux.

    Posté par sarah sherman, 19 janvier 2013 à 15:20 | | Répondre
  • "L'étincelle se trouve dans ce propos en creux" - je serais prêt à vous donner raison tant cela ressemble à un justificatif spielbergien de mon camarade Gols. Au plaisir Sarah de vous lire et de vous voir touchée - c'est vrai que j'ai moins vibré à ce Minnelli-là qu'à d'autres mais bon cette évocation de tournages à Cinecittà vaut tout de même franchement le détour.

    Posté par Shangols, 19 janvier 2013 à 15:44 | | Répondre
  • Tu sais ce qu'il te dit, le justificatif spielbergien ? Ne l'écoutez pas, Sarah, et continuez à aimer Quinze jours ailleurs, que j'avais beaucoup aimé également dans ma jeunesse (je ne l'ai pas revu depuis, certes, mais ne serait-ce que pour emmerder Shang, je suis d'accord avec vous).

    Posté par Gols, 19 janvier 2013 à 15:53 | | Répondre
  • Chegols de guerre... Hue, dia ! C'est de bonne guerre, j'avoue...

    Posté par Shangols, 19 janvier 2013 à 17:19 | | Répondre
Nouveau commentaire