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Du beau monde à l'affiche (Minnelli, Krasner à la photo, Kirk Douglas, Edward G. Robinson...) pour un film qui se passe dans le milieu du cinéma - à Cinecitta qui plus est... Tout pour plaire donc... Malheureusement le scénario n'y va pas de main morte au niveau des ficelles scénaristiques et des personnages lourdement chargés : Robinson en réalisateur capricieux dont les succès sont derrière lui - dragouillant la jeune première et négligeant sa vieille peau de femme (normal a priori...) -, Douglas en acteur qui sort de dépression qui a l'occasion de faire un grand come back en venant en aide à son ex "meilleur ami et ennemi juré" (Robinson) - tombant amoureux dans les rues romaines d'une jeune fille belle comme le jour et tentant d'oublier celle qui fut le tourment de sa vie (Cyd Charisse). On savoure comme toujours chez Minnelli son art du décorum (la chambre rouge sang d'un Robinson au bout du rouleau, la chambre verte pomme d'une Cyd Charisse en éternelle tentatrice...), sa direction d'acteur (Douglas tour à tour tout enamouré et fébrile, séducteur sûr de son fait et ex-amant perdant les pédales ; Robinson, Mr Crise de nerfs, qui en a toujours sous le pied... - bon par exemple on passera rapidos sur le jeune premier, George Hamilton, mauvais comme un pied de cochon et la beauté brune à la voix plus douce qu'une pêche Daliah Lavi (joli minois, oui... et sinon ?)) ou encore les mouvements amples de sa mise en scène.

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Seulement voilà, j'avoue avoir eu malgré tout toutes les peines du monde à vraiment marcher dans le bazar : Minnelli flirte parfois un peu trop dangereusement avec les clichés (le tournage à chier de Robinson, Kirk & Daliah in love s'embrassant à pleine bouche dans n'importe quelle petite via romaine plongée dans une semi-obscurité...), le scénar paraît franchement cousu de fil blanc (la décrépitude de Robinson qui, par manque d'inspiration, enchaîne les échecs, la rédemption de Kirk qui essaie de tourner la page de ses vieux démons (une amante et une réal ultra possessifs...) grâce au travail et en puisant à la source de la jeunesse (on aura même droit vers la fin à une petite cascade sous laquelle le Kirk se retrouve purifié...), les thèmes abordés ne sont pas d'une originalité folle (le cinoche est un milieu pourri où tout le monde se jalouse, ok... On préfèrera tout de même la façon dont Truffaut évoquera le sujet - avé un peu plus de finesse ; les jeunes filles en fleur sont des baumes de santé, les femmes fanées sont forcément vouées à la frustration et à l'acrimonie... bien, bien) et on sent venir souvent de loin les "rebondissements" ou les réactions, l'évolution des personnages. Même si on reste dans une évidente élégance formelle, le fond est loin de nous secouer, de nous prendre à la gorge, de nous émouvoir. Un Minnelli de bien belle facture auquel il manque à mes yeux une réelle étincelle.

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