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Comme pas mal ont crié au génie avec Take Shelter (de bonne tenue, certes, mais rien de bouleversant à mes yeux), j'ai quand même voulu me pencher sur le premier film de Nichols, histoire de... (ben ouais, j'étais peut-être passé à côté du nouveau maître américain du drame...). Bon ben un peu le même sentiment au final : un film maîtrisé, qui semble d'ailleurs taillé sur mesure pour Sundance (bled ricain dans l'Arkansas, des frérots, des amours semi-ratées, la tragédie qu'on sent poindre... mais cette première oeuvre n'a apparemment même po fait Sundance, comme quoi...), le gars Shannon (le Léaud de Nichols...) qui tient bien son rang - trés bon dans ces regards tendus vers le ciel (qui ne voit point venir au loin cette fois la tempête mais la vengeance...), avec l'incontournable petite musique de fond ambiance "hum, hum, il se trame un truc" et ces plans en insert sur la campagne qui donneraient envie de maudire Malick... On ne peut pas dire que le Jeff ne fait pas dans la simplicité au niveau du pitch et c'est tout à son honneur : un père, d'abord alcoolo, à eu trois fils, puis a changé de femme, arrêté la bibine et en a encore pondu quatre. Depuis la nuit des temps, maintenant, semble-t-il, les deux clans se détestent et la mort du père va ranimer les tensions entre le trio - trois brothers un peu branleurs, sauf Shannon - et le quatuor - des culs-terreux la tête un peu près du bonnet. Quand Shannon, le jour de l'enterrement, insulte celui qui fut son père, forcément, les gars de la seconde portée montent au créneau. Shannon sait très bien que leur mère a mis de l'huile sur le feu lorsqu'elle les a éduqués, les trois, seule, que c'est elle la vraie responsable de cette haine, qu'il vaudrait mieux enterrer la hache de guerre avant que tout parte en vrille... Mais voilà... Il a eu ces quelques mots en forme de non-hommage à ce fucking father, ainsi soit-il, l'un des frères du clan adverse se venge en mettant un serpent dans la gamelle du chien du frère de Shannon, un con d'oiseau de malheur (un type victime d'un accident, qui a de faux airs d'homme invisible avec ses bandages, va mettre le feu aux poudres) se plaît à aller d'un clan à l'autre pour jouer les délateurs et, comme dirait Kad Merad dans ce film culte de Lioret aux yeux de mon collègue, c'est l'escalade...

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Après un très long round d'observation, les frérots vont passer à l'action, ça commence avec un bâton, puis l'on sort un couteau puis forcément les fameux guns du titre... Carnage or not ? Tragédie ad lib ou sursaut d'intelligence en cours de route ? Là est tout le suspense... L'on se met à craindre une fin à la Take Shelter avec une ultime pirouette scénaristique... A-t-on tort ? Nichols fut-il plus humble dans son premier essai ?... A vous de voir... Shotgun Stories demeure solidement réalisé, très propre dans son montage et ses cadres, honnête dans sa direction d'acteur... manque simplement sûrement un ptit grain de folie ou d'originalité pour vraiment s'y attacher... Voilou. Basique, quoi...

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