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Aucun doute sur le fait que Stillman possède un ton à part. Même lorsqu'il se lance dans un film post-2000, on se demande pendant un bon moment s'il ne s'agirait pas plutôt des années 60, voire des années 40... Le groupe de donzelles qui "mènent la danse" sont BCBG ++, s'habillent en couleur pastel, ne supportent pas, comme Jacques Chirac, les mauvaises odeurs, gèrent un club pour prévenir les suicides - club plus déprimant qu'un donut rassis - , jugent de façon arrogante les gens arrogants, tentent de se placer au dessus de la mélée mais connaissent finalement souvent les mêmes déboires que tout un chacun : des pitits tourments amoureux. Tout le monde il est très beau, que ce soient ces jeunes filles ultra-fraîches qui ont toutes un - voire deux - ptit(s) grain(s) de beauté là où il faut, ou que ce soient ces beaux gosses, romantiques ou maladroits (mention spéciale pour ce séducteur cultivé et adepte de la sodomie qui, pour la faire courte, use de "french references" du meilleur goût : Baisers volés de Truffaut, A Bout de Souffle de Godard, les murs de Carrrrrrrrcccccaaaaaassssonneux et les Cathares...). Avec ces jeunes filles en fleur, on flirte constamment entre "préciosité" (le style, les bonnes odeurs), empathie (leur souci des suicidaires), coups de blues, coup de coeur et légèreté (leur passion pour les claquettes, les films musicaux et la danse... les amenant d'ailleurs à inventer leur propre pas de danse, un digne descendant de la Carioca - pour rester dans un petit ton pince-sans-rire). Cette façon qu'a Stillman de jouer entre l'indéniable maniérisme de nos fières donzelles un peu mémères dans l'âme avec leur teint beurre-frais et leur petit malheur bien banal - dur de se faire larguer, de se croire tromper, de ne point se sentir aimer... - a quelque chose de gentiment touchant... On peut aussi trouver cela un peu gonflant et par trop rigide, je suis prêt à en convenir...

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Il faut dire que l'humour du gars Whit est du genre relativement finaud, le gars se plaisant à écrire des dialogues ultra littéraires - certains jeunes comédiens s'en sortent haut la main, d'autre moins... un peu comme dans un Rohmer - tout en s'amusant de situations souvent à la limite du grotesque (la fête romaine, les suicides du second étage,...) ou en mettant en scène des personnages plus "troubles" qu'ils en ont l'air (notre ami sodomite ultra romantique ou le dragueur "schizo"). Il est tout de même dommage que quelques-unes des jeunes filles soient parfois reléguées au rang de gentilles potiches (la black Rose, Heather), comme si Stillman n'avait pas eu le temps d'écrire pour tous ses personnages féminins principaux... La lumière est souvent impeccablement soignée, les cadres savamment dosés et l'univers de Stillman, à la fois feutré et légèrement décalé (on est parfois pas si loin d'un Hartley bonne période - je ne dirai pas laquelle, hum...) est indéniablement séduisant par son originalité... Maintenant j'avoue ne pas avoir marché pour autant à 100% (je serais, on va dire, tiède +...)... sans doute parce que je suis un trop piêtre danseur pour suivre ces hésitants "pas-de-deux" au féminin...

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