20111442
Un film de gangsters pendant la Prohibition comme on en a vus déjà 16000, ni mieux ni moins bon que les autres, pourquoi pas ? Hillcoat utilise le bois dont on fait les vieux meubles, et ne cherche pas à faire son original : on a, bien disposés dans l'ordre, tous les motifs habituels de la chose, le petit jeune admiratif de son truand de frangin, le méchant huileux, les montées de violence, le fric qui circule de main en main, le flic corrompu, etc, etc. Le gars soigne bien ses dialogues (d'ailleurs signés Nick Cave, idole absolue dont on ne reconnaît pas vraiment la patte ni pour le scénar ni pour la musique), sait raconter une histoire qui vous tient, et même s'il sacrifie un peu ses personnages féminins, parvient à rendre sa petite faune de truands attachante et intéressante. Il faut dire que les acteurs ne s'épargnent pas, à commencer par le principal, Tom Hardy, au jeu aussi sobre que De Funès sous coke, mais après tout assez marrant : ses grimaces, son jeu complètement anti-naturel, conviennent bien à ce personnage de gangster péquenaud et finalement immortel. Après, c'est l'éternelle imagerie de la chose, qui commence à être usée aux coudes après que les bien plus géniaux Leone ou Scorsese soient passés par là. D'accord pour rendre hommage au genre, moins pour avaler une copie du même en moins bien. On regardera ça d'un oeil, un dimanche soir, en souriant à la gentillette violence de ces bandits pour rire, et on s'en contentera.