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Véritable rareté dans la filmo de Varda, Nausicaa nous parle de la Grèce et de ses problèmes non point financiers à l'époque mais purement politiques, mon Colonel. Varda varie comme elle sait si bien le faire interviews d'exilés, d'artistes grecs et de quidam français ayant visité la Grèce (un ciel absolument superbe... Pour le reste, vous savez, moi la politique...), mini sketches allégoriques (plus ou moins réussis) dont l'un notamment sur la démocratie bafouée par les colonels ass-ass-ins, ou encore mise en scène autobiographique de son propre passé et de celui de ses parents... Tout cela s'entremêle sans que la voix off de la miss Varda n'ait besoin de se faire trop entendre, la cinéaste ne prenant jamais son spectateur pour une tuile. On retrouve avec plaisir "en guest star" Depardieu en sauvageon hirsute (un épisode découvert dans Les Plages d'Agnès) voulant voler les livres d'art de la jeune Agnès (interprétée par la fraîche France Dougnac...) alors étudiante au Louvre ("les jeunes veulent la révolution mais dès qu'on s'attaque à leur petite possession"... Ah sacré Gégé), la réelle Agnès encore toute jeune (elle n'a jamais vieilli, soyons franc) interrogeant un Grec qu'elle avait logé chez elle par le passé ou encore Myriam Boyer, la collocataire d'Agnès, dans son tout premier rôle... Moins anecdotique, l'hommage protéiforme et sincère d'Agnès pour ce pays dont son père est originaire (et dont il a tenu sa fille éloignée).

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Tout ce qu'elle sait sur la Grèce, elle le doit à ses lectures, à ses études archéologiques et artistiques et à la rencontre avec ces exilés souffrant du "mal" du pays... Si le film prend volontiers un tour politique (il dénonce les tortures et les camps de concentration mis en place durant cette dictature des Colonels... il fut d'ailleurs interdit par la France en son temps pour ne pas heurter ce cher partenaire économique qu'était la Grèce), il tend sur la fin à verser dans la romance... La jeune Agnès tombe dans les bras de son hôte grec qui la quittera après un nuit d'amour... Métaphore voilée sur le fait d'avoir un jour voulu tourner la page sur ses origines ou réalité pure (dont vient justement, en grec, le prénom Agnès...) et dure sur ses premières amours ?... Qu'importe, l'essentiel est bien d'illustrer tous les liens qui l'attachent à ce pays, un pays européen tombé dans la dictature sans que cela ne semble véritablement émouvoir ses voisins. Film politiquement engagé qui permet à la Varda d'expérimenter tous ses talents de "cinéaste patchwork" ; la cinéaste utilise en effet moult moyens d'expression narratifs qui tendent tous vers un même but : faire une déclaration d'amour à ce pays souffrant qui aurait pu être pleinement le sien. A découvrir, forcément... Et si vous voulez avoir une ptite dose supplémentaire de Grèce, comment ne pas conseiller l'oeuvre-somme d'un fidèle ami de Varda, L'Héritage de la Chouette du regretté (et immense) Chris. Marker.

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Tout agnés va