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Pointu et nécessaire jusqu'au bout des ongles sommes-nous avec cette ultime oeuvre sirkienne sous influence fassbinderienne - il fait l'acteur, le bougre - et tenesseewilliamesque. Ambiance glauque dans cette maison de passe... de bas-étage, forcément, où s'affrontent une locataire alcoolo et mythomane et une tenancière bas de plafond. Celle-là, fortement éthylisée, raconte des histoires alambiquées (superbe tirade sur les cafards volants... Je vais m'en inspirer pour ne pas payer mon loyer à la fin du mois - des scolopendres, des scorpions, des cafards rhinocéros, passe encore... mais un crabe grand comme ma main dans la chambre. Qui pourra m'expliquer rationnellement comment il a fait pour monter les marches ? Je ferme la parenthèse), se lance dans des justificatifs tirés par les cheveux (ses origines nobles, sa plantation de caoutchouc au Brésil) pour tenter de faire oublier son retard dans le paiement de son loyer pendant que celle-ci demeure terre à terre et ne réclame qu'une chose : son fric. Survient alors dans la chambre, plus dépenaillé qu'un clodo, Herr Fassbinder, écrivain (je ne dis rien de la chute... ou plutôt de la "cerise" sur la gâteau) sans le sou et sans succès qui tance la proprio : oui, sa voisine de palier lui raconte des salades, oui elle ment surement au même rythme qu'elle enquille les whisky et alors putain, est-ce condamnable de vouloir vivre, survivre en faisant preuve d'imagination et en lâchant quelques affabulations ? Il pose la question, juste...

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Au-delà de la présence du Rainer Werner, le film semble "imprégné" - comme on peut l'être avec du rhum après un long séjour à Madagascar - de l'oeuvre du cinéaste allemand : bouteilles vidées en un gloups, jeu avec les miroirs, longs plans séquence sans dialogue, bien difficile de reconnaître parfois dans ce petit bijou des bas-fonds l'esprit ultra dramatico-romanesque du grand Sirk. Cela participe forcément au charme de ce court, un court enveloppé d'une petite musique bluesy à l'harmonica du meilleur effet. Dommage que l'état de la copie ne puisse permettre de pouvoir réellement apprécier à sa juste valeur le travail sur la photo de Michael Ballaus mais ne faisons point la fine bouche après avoir pu découvrir ce dernier râle cinématographique très "inspiré" de l'ami Douglas... On peut encore trouver de belles raretés filmiques sous des pierres comoriennes... enfin surtout, que ferait-on sans l'équipe de KG ?...

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