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Rien de tel parfois, un bon dimanche soir, qu’un film (un peu long) du dimanche soir. Nous voilà donc replongé pour la énième fois dans les entrailles de Gotham pour un film de Nolan non point réellement « crépusculaire » (ça change, on pensait ne pas pouvoir utiliser d’autres adjectifs pour décrire les différents épisodes de la saga) mais exposant en plein jour les bonnes vieilles dérives « populistes » : ben oui, le peuple, généralement, on s’en fout, mais dans Batman tout le monde s’en proclame ; il y a le très méchant qui a piqué le masque d’Anthony Hopkins dans Le Silence des Agneaux qui saccage Wall Street, éructe avec sa poignée de mercenaires qu’il faut que le peuple reprenne son bien mais est prêt tout autant à le sacrifier, ce peuple …  rien que pour embêter The Bat : il a la voix de Dark Vador et se conduit de façon résolument obscure mais attention le vrai méchant, qui cache bien son jeu (un élément de réponse en bas de votre écran : il est déguisé en quiche) est peut-être caché dans son ombre… (le pire retournement de situation depuis longtemps, bref). Il y a ensuite la perfide Catwoman qui aimerait se faire passer pour une robinedesboisarsènelupine et comme elle est habillée en cuir, on est prêt à tout lui passer… Elle se révèle tout de même très égocentrique, la pépette (c’est surtout sa petite gueule, qu’elle a certes jolie, qui l’intéresse), et même si elle semble prôner certaines idées piquées au programme de Mélenchon - elle cherche un programme informatique qui remettrait tous les compteurs de tous les individus à zéro : l’égalité des chances, c’est beau -, po facile de lui faire vraiment confiance.

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Enfin, il y a le Bat, le justicier fatigué, déprimé, tout foutu physiquement mais qui garde bon fond : en cas de gros coup dur, il serait encore capable de sortir de son trou pour sauver l’humanité ; mais de façon purement anonyme et désintéressée, entendons-nous bien. Le masque, c’est po vraiment pour imiter la chauve-souris, c’est surtout par pure humilité, un héros n’étant après tout qu’un être qui se conduit humainement avec les plus faibles… (Le Bat a prévu de revendre sa batmobile et sa batmoto à une fondation une fois qu’elles auront été taguées par un type de la rue) ; Nolan, d’ailleurs, ne fait jamais trop dans la dentelle pour illustrer ses propos : quand il parle d’un policier qui enveloppe d’un manteau un petit nenfant effrayé (voilà qui sont les vrais héros d’après le Bat…), il montre dans la seconde qui suit un policier qui enveloppe d’un manteau un petit nenfant effrayé (au cas où le public aurait pas compris : la théorie, la pratique). Notre ami cinéaste semble en avoir terminé avec les scénars gentiment alambiqués (ai préféré haut la main le précédent opus de la série), ce Batman-là laissant quand même peu de place aux doutes, à la réflexion, tant les personnages suivent une ligne clairement définie dès le départ (faisons l’impasse sur la quiche, c’est dans l’intérêt de tous…). Sinon, ouais, les scènes d’action turbinent, la musique martiale et ronflante d’Hans Zimmer (il a dû en fracasser de la peau de tambour pour faire son « score ») assomment et l’on sait enfin qui est le fils légitime de de notre héros : Catwoman + Batman = Alain Chabat… Pardon, on sait enfin qui est vraiment Robin : ça sent la suite en forme de buddy movie… On se lèvera pas forcément très tôt pour y assister.   (Shang - 26/11/12)

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Oui, enfin mon Shang est poli, il ose pas des fois employer des mots ayant trait à l'anal, mais disons-le franchement, même si on aimerait en dire plus : The Dark Knight rises est une bouse. Le scénario est tour à tour incompréhensible (c'est peut-être moi, mais j'ai absolument rien pigé aux personnages, je sais pas qui est ce Canargul qui se pointe et disparaît aussitôt, j'ignore pourquoi la quiche a été enfermée dans un puits, je ne pige pas pourquoi Batman porte un masque alors que toute la ville hurle quand elle le voit "Tiens, mais c'est Bruce Wayne", je ne capte pas pourquoi le majordome veut que Batman revienne et puis démissionne dès qu'il revient, je suis ignorant de ce qu'est une batmobile à alvéoles à protons phosphorés ou un truc comme ça, je cherche encore à comprendre pourquoi le flic veut faire sortir un bus d'enfants de la ville alors que tout va exploser s'il le fait, et je reste incompréhensif devant la carrière de Matthew Modine), tour à tour ridicule (et pourtant jamais l'humour ne vient faire son entrée là-dedans, tout est fait avec une solennité de Commandeur, alors que franchement, un gars déguisé en chauve-souris qui combat un autre qui s'apelle Butargol dirigeant une "Armée des Ombres" (brrrr, ça fait plus peur que s'ils s'étaient appelés "Le Club des Lutins malins") que c'est en fait une quiche qui les dirige tous ahaha, y aurait de quoi faire un bon vieux nanar de Miike bien rigolo). Le résultat est consternant, d'autant plus qu'on sait Nolan talentueux quand il veut (le précédent opus ou le très joli Inception). C'est long comme un jour sans chronique de Shang, c'est joué au rabais, c'est d'une laideur affligeante (les photos de mon camarade sont ce qu'il y a à la rigueur de plus regardable là-dedans, tout sent l'écran vert et l'image de synthèse sortie tout juste du carton, une horreur), la musique de Zimmer donne des envies de meurtre, et Catwoman a autant de bagoût qu'une pizza 4 fromages tiède. Comme en plus le discours (si on peut appeler discours ce catalogue réactionnaire des postures patriotiques et morales face à l'héroïsme) est crétin, on peut en arriver à la synthèse de ma démonstration : The Dark Knight rises pue du cul.   (Gols - 11/12/12)

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