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Wayne, Mitchum, Hawks, des seconds rôles excellents (leurs deux hommes de main en particulier, le petit jeune James Caan qui tire comme moi (ai raté un dindon à deux mètres, jamais réessayé) et le bon vieux grigou Bull, Arthur Hunnicut), des petites pépés triées sur le volet - de la femme mure au regard de louve à la blonde échevelée et wilde en passant par l’indienne aux yeux tomawaks (…)  (ça devait être sympa d’être le casting director de Hawks), un zeste d’humour qui touche toujours juste, des scènes d’action qui font royalement parler la poudre, bref on est pas très loin de l’El Dorado du western… C’est pourtant toujours la classique histoire du sale type pété de thune qui lorgne sur la propriété du voisin, un certain McDonald (qui possède toutes les réserves d’eau…). Le sale type a les moyens de louer des tueurs à la tronche de tueur (un horrible type balafré qui tire plus vite que son ombre), McDonald a 28 enfants pour le défendre mais ils sont bien tendres ; heureusement, pour s’interposer, il y a Mitchum… alcoolique et Wayne… avec une balle proche des vertèbres.

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Deux beaux bras-cassés. Le premier va ingurgiter un ignoble médicament qui va lui faire arrêter la bibine mais lui donner des maux de ventre affreux - il passe son temps plié en deux -, le second est de plus en plus sujet à des attaques qui lui laissent le bras droit paralysé. Bref, les héros sont fatigués mais ils en ont encore sous la semelle : Mitchum, bedonnant, des valises sous les yeux, sale comme un cochon (excellent la scène du bain - Mitchum nu, pour les fans ! - où tout le monde lui offre un savon…), touche littéralement le fond (de la baignoire, oh, oh humour) mais gare à celui qui ose se foutre de sa gueule - pourrait bêtement se manger une balle ou simplement le canon de son fusil - ce qui risque d’être tout aussi douloureux. John Wayne ? Putain que dire de John Wayne ? Le type est né dans un western si bien qu’on a toutes les peines du monde à l’imaginer dans la vraie vie. JW c’est l’incarnation du western à lui tout seul. Il forme avec Mitchum un duo rodé au millimètre, ne cessant de s’envoyer des vannes, ne cessant de se sacrifier l’un pour l’autre.

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Tout est bon dans l’El Doradon : les éternelles scènes d’attente dans le bureau du shérif où la tension monte et les réparties fusent, les séquences de poursuite de tueurs en ville (s’il faut 30 minutes pour descendre la rue, Hawks en grand fan de Rohmer prend 30 minutes et le pire c’est qu’on ne s’ennuie jamais), les fusillades qui partent en vrille (James Caan et son fusil à canon scié : une comédie en soi, Bull troquant son gun contre un arc…), les sourires des jeunes filles qui sont toujours là pour épauler nos héros - sauf Mitchum, d’où alcool… -, l’alchimie indéniable du quatuor - quatre caractères dont chaque rôle est merveilleusement dessiné et écrit… Si Mitchum tente de boire du whisky, on boit du ptit lait (comment ça, ça change, beh !?...) et les deux heures passent comme un charme. Proche de l’El Dorado, disais-je.

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