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Petit clin d’œil au gars Wakamatsu qui R.I.P. depuis peu. Il n’est rien de dire, en tout cas, qu’il nous livrait avec l’un de ses ultimes films une œuvre  « torturée » ; imaginez du peu : un type revient de la guerre sans bras, ni jambe - il était parti en quelque sorte la fleur au fusil et il revient homme tronc ; pour corser le tout, le type a eu le crâne à moitié brûlé, il est quasi sourd et muet. Bref, même les chenilles (auxquelles il est fait allusion) sont logées à meilleure enseigne. Il est peu de dire que sa femme, mettez-vous à sa place, tire un peu la tronche quand elle voit le plot qu’on lui ramène… L’amour est aveugle, je dis pas, mais faut pas non plus se mettre des œillères... On peut, en plus, à peine plaindre le type, car non seulement ce fut un violeur en temps de guerre mais cherry on the cake on apprend qu’il battait sa femme avant de partir au front, l’enfoiré…  Il n’est certes pas prêt à pouvoir relever la main dessus - un festival de jeu de mot mes amis…

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Dur de ne pas avoir un poil de dégoût pour ce ver humain qui ne fait que dormir et manger quand il ne demande pas à sa femme de venir « se mettre sur lui » (le premier qui préconise la masturbation, c’est la porte) : l’homme tronc est encore vert de ce point de vue-là, c’est bien à peu près tout ce qui lui reste. Sa femme ressent une évidente répulsion pour cette créature inhumaine qu’on lui a ramenée de la guerre, mais il y a chez elle une sorte de plaisir sadique à l’exhiber (outside), à le dominer (inside), comme si elle parvenait ainsi à se venger d’un passé conjugal peu glorieux… C’est vrai que cela tourne toutefois parfois un peu en rond (nombreuses séquences répétitives qui ne font avancer ni le schmilblick ni la chenille) et que la démonstration (le pathétisme infini de ce « corps cassé » avec ses trois médailles et son article de journal) finit par devenir un peu lourde… De même, sur la fin, histoire d’enfoncer le clou sur le « marasme absolu » de cette guerre, Wakamatsu nous montre des Japonais - criminels de guerre - pendus « pour avoir servi leur pays », images qui sont enchaînées avec celles des deux bombes atomiques et le nombre de morts qu’elles ont provoqués… La guerre (et l’après-guerre), c’est mal, vi… Bon ce n’était peut-être pas vraiment la peine d’en rajouter après le récit de cet homme ver qui s’est littéralement « sacrifié » pour sa patrie - en pure perte, on est bien d’accord - et pour lequel on peut à peine avoir de l’empathie (ce serait quand même l’occase) vu ses affreux antécédents. Edifiant en soi mais un développement un peu longuet, un jeu d’acteur un tantinet outré et un esthétisme qui frôle parfois l’image téléfilm (je sais, c’est dur). Mais bon, on va po t’en vouloir pour si peu, ami Kôji, et continuer de temps en temps à replonger dans ta longue et impressionnante filmo.

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