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C'est toujours une joie de découvrir un Naruse qu'on ne pensait d'ailleurs pas forcément voir dans cette vie... Force est de reconnaître aussi que toutes les oeuvres du maître ne font pas forcément vibrer la corde sensible... En contant les amours - déçues - de trois soeurs, Naruse est pourtant en terrain ultra connu : il y a l'ainée (Kuniko Miyake), manipulatrice, un peu froide mais terrible femme d'affaires qui croque les hommes commes des poupons en sucre ; la cadette (Setsuko Wakayama), obéissante, qui en suivant les conseils de sa soeur, passe irrémédiablement à côté du grand amour ; et enfin la benjamine (Yokô Katsuragi), chtit bout de chou de plein de vivacité, indépendante forcenée, qui va s'acoquiner avec un jeunot "mal sous tout rapport". Trois trajectoires qui respirent po vraiment le bonheur mais trois femmes qui vont forcément s'accrocher, jamais baisser les bras et tenter au final, la complicité du trio retrouvée, de voir l'avenir sous un meilleur angle... Bon cela ne part pas d'un mauvais principe, c'est juste un peu ennuyeux...

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Il y a pourtant, ici et là, quelques petites séquences narusiennes qui parviennent à faire frétiller les papilles : la benjamine tout sourire après avoir perdu sa virginité avec son amoureux, filmée en position horizontale et en contre plongée, regardant les anges invisibles qui passent ; la cadette, filmée dans son bain - hum, hum, Naruse tentant l'érotisme -, alors que son mari, jaloux comme un âne, alimente le feu à l'extérieur pour la faire mourir à l'étouffée ; l'aînée, toujours hallucinante dans le self-control, dont le bras se fait serpent  pour ensorceller son nouvel amant "sur canapé" ; ou encore, l'incontournable travelling du Mikio qui suit les deux seuls vrais amoureux du film : ils devront passer par moult épreuves avant de s'avouer ce qui crevait les yeux à tout le monde. On s'attache à ces petits moments charmants qui illuminent un film tout de même bien sombre...

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Maris se bourrant la tronche pour oublier leurs frustrations (économiques ou amoureuses), femmes murées dans leur silence n'osant avouer leur malheur et acceptant pieusement leur destin - "il a quand même voulu t'assassiner, l'autre enfoiré ?...  Oui mais bon, je vais lui donner une ultime chance... What ?... Il faut au moins qu'on en discutaille... Bah..." -, Bara Kassen n'est pas vraiment un hymne à la joie quant aux relations sentimentales. Bon, c'est pas forcément grave en soi, vous allez me dire. Certes. Mais ce qui étonne le plus, c'est là façon dont Naruse monte son histoire ou construit certaines scènes : séquences très courtes, notamment au départ, pour tenter semble-t-il de présenter au plus vite la plupart des personnages (un montage, du coup, un peu heurté et une certaine difficulté à vraiment suivre le fil conducteur de l'histoire...) ; scènes soudainement fondues au noir, comme si Naruse ne savait pas vraiment quand les interrompre ; séquences filmées un peu platement comme si la narration était plus importante que la forme... Alors certes, le fan ne va pas finir par s'immoler - un Naruse reste un Naruse, fi de bois - mais c'est vrai qu'avec un tel casting (aussi bien les trois soeurs que leur cour d'amants) on pouvait s'attendre à un peu mieux. Des roses un peu pâles, vi, sans doute.

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 Tout Naruse vous est narré