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Si je suis au pays de la baleine, je suis également, indéniablement, au pays de la banane. De là peut-être est née l’envie de découvrir ce film en pays bananier, si jamais il y a toujours un sens aux envies cinématographiques. Cela suffira en guise d’intro. On est quasiment dans la slapstick comedy en terre tropicale. Certes le gars Keighley n’est pas un Hawks ni un Walsh, mais il tente vaillamment d’insuffler du rythme à la chose : les répliques s’enquillent comme du pain d’épice au ptit dèj, leur teneur, souvent vacharde, arrache souvent un sourire ou provoque un rictus nerveux, et les comédiens font dans l’ensemble preuve d’un certain abattement. Il manque un petit supplément d’âme, certes, et les personnages sont sans doute un peu trop typés pour apporter une réelle saveur ou pour se parer d’une aura glamoureuse… Mais bon, ce Torrid Zone est loin d’être mou du genou et ne soyons point trop dur avec le gars Keighley qui, à défaut de toujours soigner ses raccords, fait dans l’ensemble le taff.

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Un patron gueulard et malin règne comme un maître dans cette ville où affluent les régimes de bananes. Seulement voilà, depuis qu’il a viré Cagney (qui avait dragué son ex-femme), le rendement n’est plus au rendez-vous. Il va tout faire pour soudoyer le James pour qu’il revienne à sa botte. Voilà grosso modo pour la peau. Heureusement, niveau banane, c’est un peu plus affriolant et goûtu : James est forcément entouré de donzelles (une chanteuse, Ann Sheridan, qui rencontre quelques problèmes avec la police locale pour ses dons de tricheuse - le James sera forcément là pour la prendre sous son aile et ce même s’ils font souvent mine de s’entendre comme chien et chat : aucun doute qu’au final ils finiront dans les pattes l’un de l’autre ; et une femme mariée, aussi fidèle à son mari qu’un gars du Modem à son parti - elle n’a forcément d’yeux que pour le James et se voit déjà à son bras dans les rues de Chicago). Les deux gonzesses se tirent forcément la bourre et cela donne quelques savoureux échanges  - Ann Sheridan n’a po la langue dans sa poche et balance ses répliques mesquines avec une certaine maestria. Autour de ce petit monde gravite un révolutionnaire débonnaire et roi de l’évasion, un flic mexicain con comme un balai sans manche ou encore le second de Cagney gentil couillon fidèle. Bons pour apporter une touche de fantaisie, quoi.

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Malgré une thématique lourde et pesante - l’exploitation de la banane - le ton demeure assez olé-olé : ce que le film gagne en légèreté, il le perd malheureusement en torpeur - préfère les films qui sentent la sueur, voyez, voire à l’air vicié… On passe tout de même un assez bon moment grâce à ce débit à la mitraillette et ces petites jokes qui font mouche ; on est tout de même assez loin du côté « torride » promis dans le titre - et ce malgré les quelques palots roulés par Cagney à des partenaires qui sont pour une fois pas plus grandes que lui - devaient avoir reçu l’ordre de couper leur talon. Allez, une banane et demie, bien mure, pasque je l’ai - get it ?

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