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Encore un film superbe et intrigant de Yoshida mettant en scène le désir féminin… Une femme (Mariko Okada, belle à se damner), un mari, un amant, un adorateur, voilà ce qui constitue le fil rouge de ce film esthétiquement magnifique. On pourrait aussi éventuellement développer : le père de l'enfant de Mariko est riche, sérieux, totalement dévoué à son taff, froid comme un sabre ; les rencontres avec son amant décorateur ont lieu dans des chambres d’hôtel : notre gars s'y montre aimant, prêt à vouloir faire sa vie avec la donzelle si seulement celle-ci… osait ? pouvait ? voulait ?... Cherchant à immortaliser ces après-midis érotiques, il prend des photos d’elle dénudée dont les négatifs seront le jour suivant dérobés ; un voyeur, un stalker ou tout simplement un secret adorateur suit, poursuit, séduit notre héroïne, rentre en possession des photos et se fait maître-chanteur. Pour l'argent ou pour la voir ?… La femme passe ainsi des bras (paternels…) de son mari à ceux (charnels…) de son amant à ceux (respectueux) de ce «fan». Une trame apparemment simple pour illustrer une recherche de l’amour ou du plaisir beaucoup plus complexes…

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Si la première partie est narrativement assez «classique» (des amours adultères à la rencontre avec ce maître-chanteur/adorateur), toute la seconde partie, quasiment muette, est un vrai tour de force au niveau visuel (même si l'esthétisme est soigné tout du long) : on passe des photos intimes de Mariko à des séances-photos de modèles nus, dans une arrière salle de studio, puis au tournage d’un film érotique sur une plage avant d’assister à de longues séquences durant lesquelles Mariko s’abandonne dans les bras de cet admirateur… Si le désir des hommes passe automatiquement par l’image (d'où ces multiples scènes où les femmes sont aussi bien mises à nu que mises en scène (les photos, le film)), l’héroïne semble, de son côté, engagée dans une sorte de quête, de «fuite en avant» sexuelle (un mari délaissé pour un amant vigoureux (mais vite infidèle) puis pour un jeune homme flashant sur elle, pour ne pas dire «obsédé» par elle) ; il est difficile de définir réellement ce qu'elle trouve au bout de cette recherche de la jouissance... Le fait qu'elle fasse l'amour avec cet homme qui lui est entièrement dévoué dans un bateau naufragé sur la plage n'est sûrement point innocent : court-elle irrémédiablement vers l’échec ? S’il est indéniable qu'elle éprouve une véritable jouissance, qu’en est-il réellement au niveau sentimental ?… Que penser d’ailleurs de l’ultime séquence dans le train : Mariko est-elle destinée à rester éternellement la « proie » des hommes (son adorateur "ressuscité"), ou encore à s’enfoncer toujours plus loin dans l’inconnu (le noir absolu du tunnel) comme si sa quête du plaisir était sans fin, sans fond ?… Portrait sensible d’une femme sensuelle sublimement filmé (je me répète, chaque plan est encore une fois dans ce film un vrai délice) par Kijo Yoshida. Vrai travail d'orfèvre, cinématographiquement parlant, par un cinéaste amoureux des femmes nippo-antonionesque. L’exploration passionnante de l'œuvre de Yoshida continue…

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