9782228897464

Une petite envie d’aventures ? Rien de mieux que de suivre le grand Stevenson à travers ses périples dans les îles Marquises (où le bar B&B ouvrira un jour ses portes… Mouais pure private joke), les Tuamotu ou les îles Gilbert. Des derniers cannibales qui traquent les « cochons-longs » (oui, toi aussi petit, tu pourrais te faire manger tout cru ou tout bouillu) aux atolls de corail (tiens, aujourd’hui qu’est-ce qu’on peut bien faire ?… Et si on allait ramasser des coquillages pendant dix heures ?) en passant par le dernier grand « empire » de la région - celui où règne le roi d’Apemama -, on sent toute la curiosité de Stevenson à explorer ces cultures et ces hommes farouches - la première partie, la plus trépidante -, on prend plaisir à son sens aigu de l’observation pour décrire ces paysages paradisiaques et ces hommes perfides, on apprécie son évidente ouverture d’esprit à chercher à s’intégrer dans ce royaume marin et à côtoyer et comprendre en partie ce tyran qui tente d’instaurer une certaine paix sociale… Stevenson est toujours précis - pas un nom ne lui échappe et il se fait un devoir de les retranscrire le plus justement possible contrairement à ses prédécesseurs en ces lieux -, avide de rencontres en tout genre - des responsables locaux aux aventuriers européens en tout genre en passant par les missionnaires, à l’affût de la moindre anecdote, de la moindre histoire, qu’elle concerne les esprits qui erre sur ces terres ou ses frères humains iliens. Ce journal de voyage(s) est certes parfois un peu décousu, les récits dans ses îles-lagons tournent dans la seconde partie - forcément - un peu en rond, mais ce bouquin demeure extraordinaire dans cette façon qu’a Stevenson d’aborder ces terres étrangères, soucieux à la fois de s’y fondre, humblement, sans perdre son  âme et de chercher à en comprendre les rouages sans tomber dans l’ethnocentrisme. Même si les descriptions du romancier sont « parlantes », on aurait aimé, juste pour le plaisir, pouvoir découvrir en annexe quelques-unes de ses photos de voyages, ou tout du moins des photos d’époque - ainsi d’ailleurs qu’une petite carte vintage de la région. On aurait surtout aimé, en fin de compte, être à ses côtés en cette fin du XIXème siècle pour mettre le pied en ces terres encore sauvages, même si lui-même avait déjà parfois l’impression d’arriver trop tard. Ah les îles…